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Cinéma

Sujet : Yasujiro Ozu
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lanc
19 janvier 2010 à 18:34:38

Pas de topic officiel pour ce maitre japonais. Hop, erreur réparée !

Un petite biographie, tirée de Wikipedia :

Né à Tokyo, dans le quartier de Furukawa, près de l'enceinte d'un temple, Ozu est le cadet d'une famille de cinq enfants dont le père est grossiste en engrais.
Il a douze ans quand sa mère s'installe avec ses enfants à Matsusaka, village natal du père, près de Nagoya. Le père, lui, demeure à Tokyo pour son commerce, et cette absence marque l'adolescence d'Ozu.
Pensionnaire au collège de Ujisenda, il se passionne pour le cinéma : il préfère aller voir des films - notamment ceux d'Hollywood - plutôt que d'étudier.
A dix-neuf ans, ayant échoué aux examens d'entrée à l'université, il doit travailler comme instituteur remplaçant dans un village de montagne situé à une trentaine de kilomètres de Matsusaka.
Un an plus tard, sa mère retourne vivre à Tokyo, et il décide de s'installer lui aussi dans la capitale. Sur la recommandation d'un oncle, il entre à la Shochiku Kinema, en qualité d’assistant-opérateur.
Il devient assistant-réalisateur dès l'année suivante, et dès 1927, il met en scène son premier film, Le Sabre de pénitence, collaborant pour la première fois avec celui qui sera le scénariste d’un grand nombre de ses œuvres futures : Kogo Noda1.
Au milieu des années 1930, il devient l’un des réalisateurs les plus célèbres du Japon, aussi talentueux dans la comédie que dans le drame. Dans un genre comme dans l’autre, il s’attache désormais à traiter de la vie familiale japonaise, témoin des bouleversements sociaux de l’époque.
En 1937, il est mobilisé et sert pendant vingt mois en Chine. En 1943, il se voit confier la réalisation d’un film de propagande à Singapour, dont il ne tournera que quelques plans, préférant ensuite attendre sur place une capitulation qu’il juge inévitable. Fait prisonnier à Singapour, il ne rentre au Japon qu'en 1946.
Il affine alors ses réalisations, avec des films tels que Le Goût du riz au thé vert (1952), dont le scénario avait été bloqué par la censure en 1931, et surtout Voyage à Tokyo (1953), souvent considéré comme son chef-d’œuvre.
Ses films sont alors de plus en plus épurés. Il renonce à tous les effets de sa période d'avant-guerre. Le réalisateur semble préférer le plan moyen fixe à tout autre, avec cette particularité que la caméra est généralement placée très bas, presque au niveau du sol (ce qu'on appelle parfois le « plan tatami », obtenu grâce à un pied de caméra qu'Ozu fit fabriquer spécialement). Les rares gros plans ou mouvements de caméra sont très subtils et, grâce à de magnifiques plans de coupe, donnent à la mise en scène d’Ozu une respiration unique, un sens incomparable de l’espace et de la présence humaine.
La trame des récits est toujours très simple et comporte peu d’actions spectaculaires, voire aucune. Ozu, en effet, semble s’être très peu intéressé à la dramatisation et avoir cherché, par l’extrême sobriété et densité de la forme cinématographique, à atteindre l’essence même de ce qu’il filmait. En cela, il est d’ailleurs fidèle à une longue tradition artistique japonaise.
Ainsi que le souligne Donald Richie, qui fut l'un des premiers critiques occidentaux à s'intéresser à l'art d'Ozu : « Son art cinématographique est formel, d'un formalisme comparable à celui de la poésie. (...) Ozu est proche des grands maîtres du sumi-e et du haïku. C'est à ces qualités spécifiques que se réfèrent les Japonais quand ils parlent d'Ozu comme "du plus japonais". »
Ozu a beaucoup de mal à accepter les innovations techniques. Il n'a adhéré au parlant qu'en 1936, et il a longtemps résisté à l'utilisation de la couleur, réussissant sur ce point à tenir tête aux pressions de la Shochiku jusqu’à la fin des années 1950, période à laquelle il finit par céder pour le tournage de Fleurs d'équinoxe.
Il prend finalement un tel plaisir à réaliser ce film qu'il décide de tourner ses cinq derniers films en couleur (dont l'ultime : Le Goût du saké, 1962).
En dehors du cinéma, les seuls centres d'intérêt d'Ozu semblent avoir été la littérature, la boisson, la peinture et la musique. À partir de la mort de son père, en 1936, il habite avec sa mère.
Il meurt peu après elle, d'un cancer, le 12 décembre 1963, le jour exact de son 60e anniversaire. L'œuvre d'Ozu comprend 54 films, et commença enfin à être encensée en Europe après sa mort, alors qu'elle avait été presque totalement ignorée durant toute sa vie.
Ozu ne s'est jamais marié. On peut supposer toutefois qu'il a entretenu une relation très intime avec l'actrice Setsuko Hara : celle-ci est en effet la seule actrice avec laquelle il a travaillé qu'il ne mentionne jamais dans ses carnets intimes, et Setsuko Hara, pourtant star très populaire du cinéma japonais depuis les années 1930, interrompit brutalement sa carrière à la mort d'Ozu, et vit depuis retirée à Kita-Kamakura ; or c'est dans le Temple Engaku-ji de cette ville que reposent les cendres du cinéaste.

Lien IMDB : http://www.imdb.com/name/nm0654868/
Lien Allociné : http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2967.html
Lien Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasujirō_Ozu

lanc
19 janvier 2010 à 18:41:03

Je viens de voir Une Auberge à Tokyo.

"Un ouvrier au chomage cherche désespérément un emploi. Accompagné de ses deux enfants il se propose à des usines qui n'ont rien à lui offrir. Pour survivre et gagner quelques yens ils attrapent des chiens errants pour toucher la prime d'un programme de lutte contre la rage, ce qui leur permet de dormir dans une auberge. Ils y font la connaissance d'une femme et de sa fille, aussi pauvres qu'eux..."

Un film très simple, très beau dans ce qu'il raconte. Une oeuvre avant tout axée sur l'émotion, mais aussi sur la condition japonaise après la crise économique de 1929. On est touché par la figure du père qui ferait tout pour les enfants, et son point de vue est plutôt intéressant.
J'aime tout particulièrement la mise en scène d'Ozu, qui pose sa caméra à raz du sol afin de faire état des lieux de cette misère.

Un film simple, beau, émouvant, mais pour moi Une auberge à Tokyo reste un Ozu mineur.

3/5

Ps: Une petite question à Disque. Ozu a voulu faire un film muet ou le cinéma parlant n'était pas encore arrivé au Japon ou était trop cher ?

[Minimus]
19 janvier 2010 à 18:43:24

J'ai vu Voyage à Tokyo et Gosses de Tokyo, d'Ozu. J'ai assez aimé les deux, mais pour l'instant je suis pas plus fan que ça de ce réalisateur.

lanc
19 janvier 2010 à 18:44:20

J'ai été bouleversé par Voyage à Tokyo et le gout du riz au thé vert. Je continue mon exploration de sa filmographie :o))

Disque-Lexique
19 janvier 2010 à 18:50:36

Ah, Ozu... Ses plans fixes, son cadrage bas, ses personnages réels, humains... Ce n'est pas forcément le réalisateur le plus accessible, mais l'un des plus touchant, pour ma part.
Ce que j'aime le plus dans ces films se résume dans une phrase d'Histoire d'herbes flottantes : "Je peux tout supporter, du moment que c'est pour son bien." On retrouve dans chaque film cette idée que, aussi dure puisse-t-elle être, la vie vaut toujours le coup d'être vécu, en particulier avec ce sens du sacrifice si développé chez nous amis Nippons.
Il n'y a pas de superflu dans les films d'Ozu, se sont des films simples, vrais, touchants. Ozu est un cinéaste majeur que tout cinéphile se doit de voir au moins une fois.

Mon préféré reste Le goût du riz au thé vert, avec sa fin si émouvante.
Vient ensuite Le voyage à Tokyo, sans surprise.
Je mettrais Gosses de Tokyo en 3e.
Puis Histoire d'herbes flottantes, Printemps précoce, Été précoce et Fin d'automne à peu près dans le même panier.
Il y a juste Une auberge à Tokyo qui m'a moyennement plu, mais tout est relatif.

Celui que j'ai le plus envie de voir maintenant c'est Ohayo.

resolution
19 janvier 2010 à 18:54:35

J'ai vu de deux de ses films, voyage à tokyo, et les gosses de tokyo j'ai vraiment adoré les deux.

Disque-Lexique
19 janvier 2010 à 19:02:45

Ian :d) Le cinéma parlant a eu du mal à se développer au Japon. Il y avait quelque chose de très spécifique au cinéma Japonais du début du siècle qui est la présence d'un Benshi dans toutes les salles de cinéma. Son rôle consistait à faire lui-même la bande son (tous les personnages à lui seul). Le cinéma Japonais, plus qu'aucun autre, a entretenu une relation extrêmement proche avec le théâtre. Les formes théâtrales sont multiples au Japon (Nô, Bunraku, Kabuki...) et les différents courants ont influencé diversement l'évolution nationale du cinéma. Y compris pour les films étranger, le Benshi était présent. Dans le cas d'un film muet il racontait l'histoire (de la même manière qu'il l'aurait fait pour un film muet Japonais) et dans le cas d'un film parlant il élaborait son propre doublage. Bref, le Benshi était quelqu'un de très important. Il faisait d'ailleurs souvent la renommée d'un cinéma, et on allait voir un film presque plus parceque c'était tel ou tel célèbre Benshi qui le dirégeait que parceque le film était attendu.
Le cinéma parlant a donc été une révolution d'autant plus importante dans le cinéma Japonais, puisqu'il bousculait toutes les habitudes. Ce n'est qu'au début des années 30 que le Japon a commencé (tout doucement) à produire des films sonores, par l'intermédiaire d'Heinosuke Gosho, immense cinéaste de l'époque qui a toujours été en avance sur son époque.

Voilà, j'en ai profité pour ajouter quelques infos, mais pour répondre à ta question en une ligne le cinéma parlant n'existait pas encore au Japon à l'époque :hap:

lanc
19 janvier 2010 à 19:06:33

Très intéressant ce que tu dis sur le Benshi :)

Et Heinosuke Gosho, tu connais un peu ?

Disque-Lexique
19 janvier 2010 à 19:13:51

Non, j'avoue que je n'ai vu aucun de ses films. Mais son oeuvre est vraiment difficile à trouver. Déjà, les copies de l'époque sont dans un piètre état, et ce réalisateur étant peu connu des restaurations couteuses ne sont pas prévues. L'autre raison c'est qu'il n'y a de sous-titres pour ses films. Seuls 2 ont bénéficié de sous-titres amateurs.

rlmtruffo
19 janvier 2010 à 20:41:01

J'ai vu "Bonjour" de Ozu il y a un moment, et j'avais beaucoup aimé :)

DarkToonLink
19 janvier 2010 à 20:43:40

Un nouveau portrait ? :bave:

Ah non. :hap:

Je n'ai vu que Voyage à Tokyo. J'ai trouvé le film touchant et très beau sur la forme mais j'avoue avoir eu du mal à entrer pleinement dans le film. Le rythme est très lent et je sentais le temps passer. Cependant, j'avais mis une bonne note (7.5) et je pense le revoir. :)

resolution
14 mars 2010 à 16:01:14

Il était un père :d) Le film que j'aime le moins sur les trois Ozu que j'ai vu, mais est-ce pour autant que je n'ai pas aimé ? non !
Disons que ça m'a rappelé "la confession d'une jeune fille" et "du côté de chez Swan" de Proust, et dieu sait que j'adore Proust, mais disons que j'ai pas forcément eut le déclic que j'ai eut avec les autres films, ça m'a moins parlé parce que peut-être je n'ai pas aimé autant mon père que le garçon du film, qui comme Proust aimait sa mère, ce garçon ferait tout pour être avec son père.
J'aimerai en parler un peu plus longuement mais je vais risquer de "spoiler" même s'il n'y a rien à spoiler, mais ça gâcherait la découverte de ce très grand film à ceux qui justement auraient une relation forte avec leurs parents.

FlaMerZea
15 mars 2010 à 01:02:37

J'ai juste vu Printemps Précoce, que j'avais en VHS au fond d'un tiroir poussiéreux.. C'était une sorte de choc : j'arrivais pas à comprendre pourquoi j'étais aussi touché par ce film si simple. La magie d'ozu surement

Disque-Lexique
07 juillet 2010 à 01:42:54

J'ai enfin vu Ohayo qui m'intéressait tant et je dois avouer que c'est une petite déception.

Le film est assez éloigné de ce que je connaissais d'Ozu. D'abord, le film est en couleur. Ce n'est pas un reproche, cela passe très bien (quoi que les couleurs font un peu pastel avec le temps, mais ça donne un certain charme). Mais surtout, l'ambiance est très légère. Preque un Dodes'kaden, sans la pointe de folie.

Mais du coup, toute cette dureté qui caractérise ce que j'aime chez Ozu, la souffrance nécessaire et la compassion qui l'accompagne sont absent de ce film. Mais c'est bien plus plat, largement moins touchant : ce qui m'a le plus touché dans ce film c'est le petit qui dit "I love you", vraiment craquant.

Un film qui plus moderne, de part ses couleurs, son univers et son état d'esprit. Celui que j'aime le moins de ce réalisateur jusqu'à présent.

Lewul
07 juillet 2010 à 09:22:45

J'aime beaucoup Ozu, je n'ai vu que trois films de lui, mais j'ai beaucoup aimé. En revanche il a un langage si particulier qu'il me faut souvent une analyse pour comprendre sa mise en scène. Mais j'ai rarement vu d'aussi beaux plans fixes, moi qui adore le mouvement je suis toujours sur le cul avec Ozu.

DoctorZoidberg
21 juin 2014 à 20:42:16

Vu trois films de ce réalisateur. Un génie, un dieu du cinéma, d'une grande beauté, d'une simplicité et d'un naturel révélateurs.

Memory_Card
09 septembre 2016 à 20:52:47

Bonjour,
Y a t'il un film recommandé pour commencer la filmographie de Ozu ? J'entends souvent parler de Voyage à Tokyo et Bonjour, mais je ne sais pas si c'est bien pour une première fois :o))

Dave-Hirsch
09 septembre 2016 à 21:06:03

Bonjour est une très bonne introduction à son oeuvre. Léger et acidulé à la fois, il n'a pas la complexité d'un Goût du Saké ou d'un Fin d'Automne mais rassemble néanmoins les caractéristiques des grands films du cinéaste : épure visuelle et thématique confinant à un regard particulièrement ascétique sur le genre humain, cerné à travers les petits rien de la vie quotidienne.

Vigarde
09 septembre 2016 à 21:10:31

Voyage à tokyo ouais c'est pas mal.
Bonjour je l'ai pas encore vu et je fais dans l'ordre chronologique donc je peux te dire qu'il y a pas mal de chose qu'on peut voir avant j'imagine.

Gosses de tokyo c'est très bien aussi.

Vigarde
09 septembre 2016 à 21:11:51

Après 5-8 que j'ai vu, je pense qu'ils sont également appréciables les uns, les autres sans toutefois connaître Ozu.

A mes yeux il fait parti de ceux qui n'ont pas besoin d'introduction.

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Sujet : Yasujiro Ozu
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