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Politique

Sujet : Les maux de la France
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CHAT0N_BARBARE
06 janvier 2020 à 21:25:09

La révolte des gilets jaune s'est traduite en une revendication synthétique qui peut paraître paradoxale, celle de payer moins d'impôt tout en bénéficiant de meilleurs services publics.
Le mouvement a explosé en réaction à l'instauration d'une nouvelle taxe sur le carburant, et alors que nous en étions encore aux manifestations bon-enfants où l'on pouvait encore régulièrement entendre des slogans invitants les policiers à rejoindre les rangs des manifestants, soulignant en un simple slogan "la police avec nous !" combien le mouvement se voulait fédérateur, et rassemblant aussi bien les classes populaires que les classes moyennes, la population urbaine que la population rurale.

Le caractère anti-fiscale de la révolte des gilets jaune a conduit un certain nombre d'éditocrates à lui témoigner un sentiment de sympathie au cours des premiers jours du mouvement. Cependant au fur et à mesure des semaines, le mouvement ne s'est plus contenté d'être un mouvement en opposition à la nouvelle taxe sur le carburant ; les gilets jaune ont pris conscience de l'ampleur de leur mouvement, ils ont commencé à s'autoriser des réclamations plus ambitieuses. On a alors vu les actions se diversifier.
Certains sont allés manifester sur les payages d'autoroutes qu'ils ont rendus gratuits pour les automobilistes, témoignant par là une forme de révolte contre les politiques publiques de privatisation d'entreprises et d'infrastructures dont on revendiquait la requalification en "service public" et la mise à disposition gratuite pour tous.
D'autres ont commencé à mettre le doigt sur ce qui était au fond à l'origine profonde du mouvement, le sentiment de dépossession politique. On a alors vu fleurir les revendications autour de la mise en place du Référendum d'Initiative Populaire.
Ce tournant progressif a entraîné une rupture franche avec les intérêts d'une classe de citoyens privilégiées, à qui les politiques de libéralisation menées depuis les années 80 ont profité et qui n'osent regarder en face les effets pervers qu'ont eu ces politiques pour toute une frange de la population. On se souvient ainsi du retournement de veste d'Eric Brunet, éditoriaslite chez iTélé qui, quelques semaines après s'être affiché portant un gilet jaune en guise de soutient au mouvement, affirmait finalement n'avoir jamais eu aucune sympathie pour celui-ci. En effet, d'un simple mouvement de révolte fiscale dont certains espéraient certainement qu'il se traduise en revendications libérales, le mouvement des gilets jaune se constitua finalement en mouvement de révolte social et économique, revendiquant le retour à un État providence plus présent et plus démocratique. Rien d'étonnant donc à voir le jeu qu'ont initié les éditocrates ainsi que certaines personnalités politiques libérales au fur et à mesure de l'évolution du mouvements.

Si le mouvement des gilets jaune marquera la société française aussi bien par son originalité, s'étant structuré indépendamment des syndicats, ayant inauguré de nouvelles formes de contestations, que par sa longévité ou la brutalité de sa répression, les révoltes fiscales, elles, ne datent pas d'hier.

Déjà sous l'Ancien Régime, on peut trouver trace de ce que l'on a nommé les Jacqueries, qui trouvent leur origine dans le mot "Jacques", sensé désigné le paysan. Ces Jacqueries étaient des mouvements de révolte anti-fiscales au cours du XV-XVIe siècle, alors que les premiers impôts royales voyaient le jour dans l'objectif de financer l'armée du roi. Mais que l'on se souvienne également de la révolution de 1789, qui trouva également sa source dans un sentiment d'injustice fiscale, particulièrement forte chez une bourgeoisie mobilière en plein essor, contrainte à payer l'impôt, face à une noblesse héréditaire qui en était exonérée.

Cependant la révolution française elle même ne changea pas grand chose à la situation du prolétariat et de la petite paysannerie. Durant le XIXe siècle, les inégalités n'étaient pas moins faibles que pendant les siècle précédents. Ainsi selon les travaux de l'économiste Thomas Piketty, en 1910, juste avant la Première Guerre Mondiale, le Top 1 des français les plus riches détenaient la moitié de la richesse nationale tandis que la moitié la plus pauvre de la population ne détenait qu'à peine 2% de cette même richesse.

http://piketty.pse.ens.frr/files/ideologie/pdf/G4.1.pdf

C'est surtout à partir de l'entre-deux guerres que les choses évoluèrent. Pour financer la prise en charge des blessés de guerre mais également la reconstruction nationale, l’État inaugurera le premier impôt sur le revenu en 1917. C'est à cette même période que l'impôt sur les successions est devenu réellement progressif, comme l'illustrent les deux graphiques suivants :

http://piketty.pse.ens.fr/files/capital21c/pdf/G14.2.pdf
http://piketty.pse.ens.frr/files/ideologie/pdf/G0.7.pdf

C'est avec l'essor de ces deux impôts, qui constituent avec l'impôt sur le fortune les seuls impôts progressifs, que l'Etat providence s'étendra avec l'augmentation de la capacité fiscale des États. Ainsi l’État commencera à prendre en charge la population la plus âgée par le biais des pensions de retraite mais également la partie la plus jeune de la population par les dépenses d'investissements éducatifs.

http://piketty.pse.ens.fr/files/ideologie/pdf/G10.14.pdf
http://piketty.pse.ens.fr/files/ideologie/pdf/G10.15.pdf

Cependant, malgré l'essor de la fiscalité progressive durant l'entre deux guerres, la masse des prélèvements obligatoires proportionnels et l'étendu des niches fiscales ont conduit à une courbe du taux d’imposition des ménages ayant la forme d'une cloche : si les ménages les plus modestes paient moins d'impôt que la classe moyenne, il en est de même des ménages les plus aisés. Bien que la présidence de François Hollande ait contribué à réduire la dégressivité des impôts qui s'appliquent aux plus riches, la suppression de l'ISF par Macron est très rapidement venu rétablir la situation initiale comme l'illustre ce graphique :

https://wid.world/document/trois-decennies-inegalites-et-redistribution-en-france-1990-2018-wid-world-issue-brief-2018-2/#page=7

La réforme très symbolique du rétablissement de l'ISF, portée par certains gilets jaunes illustre le désir d'un système fiscale plus juste, plus progressif.

Mais au delà de la mise en place des premières formes de progressivité fiscale, c'est également durant l'entre deux guerres, en 1936, qu'en France le Front Populaire prendra les rênes du gouvernement et instaurera les premières semaines de congés payés ainsi que la semaine de 40h alors que la crise financière de 1929, la plus grave crise économique mondiale à ce jour, favorisait l’émergence du fascisme dans toutes les nations d'Europe. La crise économique mondiale de 1929, tout comme celle de 1873, illustrent les turpitudes d'un capitalisme dérégulé, soumis à tous les spéculations et aux instabilités financières, telles que théorisées entre autre par Hyman Minsky dans les années 80.

Les lendemains de la Seconde Guerre Mondiales, quant à eux, seront caractérisés par l'essor du fordisme et le boom économique des pays occidentaux.
Les années 60 consacreront la décennie de la décolonisation et de la mise en place des prémisses de ce qui sera la future Union Européenne. Les années 70 seront celles de la fin des 30 glorieuses et le début des préoccupations autour de la "crise énergétique" avec les deux chocs pétroliers. Alors les années 80 marqueront le "tournant néolibéral", incarné par l'élection de Tchatcher en Angleterre, de Regean aux US et qui sera inauguré en 1983 en France avec le "tournant de la rigueur" initié par le président socialiste François Mitterand en 1983.

Les politiques de libéralisation se succèdent depuis lors, caractérisées par la décentralisation de l'action publique, la privatisation des entreprises publics, ainsi que par l'essor du "new public management" dans la gestion des services publics.
Mais plus encore que ces politiques de remaniement des entreprises et des services publics, la politique de libéralisation des flux de capitaux et de la main d’œuvre Européenne a accrus la désindustrialisation de la France et favorisé l'essor de licenciements collectifs et le refoulement en masse d'ouvrier reclus vers le chômage et son halo.
Selon l'économiste Lilas Demmou, ce serait ainsi 39% des deux millions d'emplois perdu dans l'industrie entre 1980 et 2007 qui auraient été directement causés par la concurrence internationale.

Enfin, et peut-être surtout, la crise économique mondiale de 2008, qui trouve son origine dans la crise financière des Etat-Unis, produit de l’opacité du secteurs financiers et de la titrisation des produits dérivés, mais également de la structure oligopolistique des agences de notations, est certainement la principale cause des troubles de l'économie française depuis lors.
L'essentiel de la population française n'a retrouvé son niveau de vie d'avant crise que 10 ans après celle-ci, c'est à dire ces deux dernières années seulement. Mais ce sont surtout les franges les plus pauvres de la population qui ont le plus souffert de la crise. Le décile le plus pauvre de France n'a à ce jour toujours pas retrouvé son niveau de vie d'avant crise. Quand aux travailleurs les moins qualifiés, ce sont les premiers à avoir été victimes du chômage et de la précarisation du travail, avec l'essor de nouvelles formes de précarité du travail salarial.

http://ses.ens-lyon.fr/images/actualites-rapports-etudes-et-4-pages/2018-09-11-insee-ip1710-graph1.jpg

Dans le même temps, alors que la montée du chômage affaiblissait le pouvoir de négociation salariale des travailleurs, l'évasion fiscale des multinationales est venue accroître leur pouvoir de marché par la captation de part de marché plus grand permis par des politiques de prix agressives, mais également par des apports en capitaux inégalés auparavant et favorisés par le versement de dividendes records.

https://www.lerevenu.com/sites/site/files/u45202/indicescac40.gif
https://www.latribune.fr/bourse/dividendes-nouveau-record-en-france-malgre-le-ralentissement-825997.html

Ainsi une étude du FMI datant de septembre 2019 affirme que 39% des investissements directs étrangers (les transactions intrafirmes des multinationales) sont des "investissements fantômes". Ce sont des transactions entre les firmes d'une même multinationale qui n'ont d'autre objectif que de délocaliser les profits vers des paradis fiscaux, d'amoindrir la charge fiscale de celles-ci, leur permettant par la même occasion de verser de plus amples dividendes à leurs actionnaires, mais également d'écouler leurs marchandises à des prix plus bas, annihilant la concurrence.
Ainsi selon l'économiste François Lévêque les 100 plus grandes entreprises par leur chiffre d’affaires représentent aujourd’hui près de la moitié du produit intérieur brut des Etats-Unis, alors que la proportion était d’un tiers deux décennies en amont.

https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2019/09/pdf/the-rise-of-phantom-FDI-in-tax-havens-damgaard.pdf
https://www.alternatives-economiques.fr/a-bas-concurrence/00090153

L'évasion fiscale des multinationales a également contribué à renforcer le sentiment d'injustice fiscale d'une partie de la population française. Les scandales sur l'évasion fiscale internationale de grande personnalités, qui ont éclatés au grand jour au plein cœur de la crise économique, comme le scandale de l'affaire HSBC ou encore des Panama's Papers, puis des Paradis Papers quelques mois plus tard, ont finit d'enraciner ce sentiment, en montrant les proportions que pouvaient prendre l'évasion fiscale de plus grandes fortunes de part le monde et n'épargnant pas la France. Par ailleurs le scandales des LuxLeaks en 2013 a également contribué à saper la confiance dans l'institution Européenne, tout comme la gestion de la crise de l'euro en 2012 et la mise en faillite de la Grèce par les politiques d'austérité qui lui ont été imposés par la Troïka.

Pas étonnant alors que la révolte des gilets jaune, revendiquant plus de justice fiscale, et une autre politique économique n'ait éclaté en ces temps de troubles politiques et économiques.

cazadalle
07 janvier 2020 à 05:04:45

J'ai lu ton message, je prendrai le temps d'y répondre plus tard car il va me falloir un petit moment pour écrire ma réponse. :hap:

CHAT0N_BARBARE
07 janvier 2020 à 12:39:35

Le 07 janvier 2020 à 05:04:45 cazadalle a écrit :
J'ai lu ton message, je prendrai le temps d'y répondre plus tard car il va me falloir un petit moment pour écrire ma réponse. :hap:

Ok, j'ai hâte de la lire tout de même alors

Enriver
07 janvier 2020 à 22:09:46

Je n'ai pas le temps libre pour réagir, mais ton analyse est très intéressante. Par contre, c'est péage et non payage. :hap:

CHAT0N_BARBARE
07 janvier 2020 à 23:06:36

Le 07 janvier 2020 à 22:09:46 Enriver a écrit :
Je n'ai pas le temps libre pour réagir, mais ton analyse est très intéressante. Par contre, c'est péage et non payage. :hap:

Ahah ! il me semblait bien qu'il y avait un problème quand j'ai écrit le mot :hap:

houxhouxhoux
08 janvier 2020 à 02:06:45

Le début m'a suffit pour ne pas vouloir lire la suite.

Ton mouvement ne rassemble même pas toute la classe populaire comme tu le prétends. Au debut peut-être, vers les deux premières semaines, les GJ pouvaient prétendre représenter quoi que ce soit, mais après ils ne representaient même plus eux-mêmes vu les dissensions internes propres
au mouvement.

Je rappelle aussi que le LREM est le second parti de France, presque au même niveau que le FN.

Oasisissssouuu
08 janvier 2020 à 08:07:14

Le 08 janvier 2020 à 02:06:45 Houxhouxhoux a écrit :
Le début m'a suffit pour ne pas vouloir lire la suite.

Ton mouvement ne rassemble même pas toute la classe populaire comme tu le prétends. Au debut peut-être, vers les deux premières semaines, les GJ pouvaient prétendre représenter quoi que ce soit, mais après ils ne representaient même plus eux-mêmes vu les dissensions internes propres
au mouvement.

Je rappelle aussi que le LREM est le second parti de France, presque au même niveau que le FN.

+1

Il faut arrêter de prendre son cas pour une généralité. Moins de 10% de français ne veut pas dire que dans l'ensemble les prolos sont tous contre Macron.

Laisse tombé, c'est un énième ahuri pro-Melenchon. Un type qui ne mérite aucune considération particulière

CHAT0N_BARBARE
08 janvier 2020 à 10:33:14

Le 08 janvier 2020 à 02:06:45 Houxhouxhoux a écrit :
Le début m'a suffit pour ne pas vouloir lire la suite.

Ton mouvement ne rassemble même pas toute la classe populaire comme tu le prétends. Au debut peut-être, vers les deux premières semaines, les GJ pouvaient prétendre représenter quoi que ce soit, mais après ils ne representaient même plus eux-mêmes vu les dissensions internes propres
au mouvement.

Je n'ai jamais prétendu que le mouvement des gilets jaune rassemblait toutes les classes populaires, ce n'est pas ma faute si tu ne sais pas lire correctement. :)

Je rappelle aussi que le LREM est le second parti de France, presque au même niveau que le FN.

Quel rapport avec le topic ?

appiodici_bis
08 janvier 2020 à 11:59:23

Toujours 70% de soutien aix greves actuelles hein... Selon Le Figaro pas Melenchon.com donc si tout le monde deteste Macron aussi.

taupe_gunn
08 janvier 2020 à 12:34:50

Je rappelle aussi que le LREM est le second parti de France, presque au même niveau que le FN.

Je rappelle juste qu'en réalité ces partis sont très très minoritaires, que les français ne font majoritairement plus confiance à aucun de ces partis d'escrocs et qu'ils préfèrent s'abstenir de leur donner des mandats...

Enriver
08 janvier 2020 à 20:53:56

Je rappelle juste qu'en réalité ces partis sont très très minoritaires, que les français ne font majoritairement plus confiance à aucun de ces partis d'escrocs et qu'ils préfèrent s'abstenir de leur donner des mandats...

La participation au premier tour des élections présidentielles s'est établie à environ 75℅. Le vote LREM en 2017 au premier tour c'est 18℅ des inscrits, FN 16℅. Très très minoritaire, j'en doute donc. Tout comme une abstension soit disant majoritaire.

taupe_gunn
08 janvier 2020 à 21:16:27

La participation au premier tour des élections présidentielles s'est établie à environ 75℅. Le vote LREM en 2017 au premier tour c'est 18℅ des inscrits, FN 16℅. Très très minoritaire, j'en doute donc. Tout comme une abstension soit disant majoritaire.

Si il y a une participation de 75%, de combien est l'abstention ?

Le vote LREM en 2017 au premier tour c'est 18℅ des inscrits, FN 16℅.

Et du coup, l'abstention, majoritaire ou pas ? :hap:

Très très minoritaire, j'en doute donc.

Ah. Comme tu veux. Moi il me semble que ces chiffres confirment bien ce que je disais ^^

Enriver
08 janvier 2020 à 21:21:18

L'abstention a été de 22,33℅ au premier tour et de 25,44℅ au second. Une explication ? :hap:

taupe_gunn
08 janvier 2020 à 21:45:46

L'abstention a été de 22,33℅ au premier tour

Donc c'est plus que LREM, non ? désolé, je ne suis pas très bon en maths... 22%, c'est plus ou moins que 18% :question:
Ca a été quoi, le premier choix des français, du coup :question:

et de 25,44℅ au second. Une explication ?

Bah il y en a plein de possibles, oui.

Par exemple : peut-être que plein de gens ne se sont pas sentis franchement concerné par un duel entre deux tartuffes comme Macron et le Pen alors qu'ils avaient voté pour d'autres au premier tour :question:

Et toi, tu en penses quoi ?

Enriver
08 janvier 2020 à 22:05:20

Oui, effectivement il y a eu plus d'abstentionnistes que d'électeur Macron au premier tour. Mais il n'en demeure pas moins que 75℅ des Français ont choisis de voter pour différents partis (et ont donc accorder la confiance d'un mandat à leurs candidats).

Une majorité relative est abstentionniste si tu veux. :hap:

Flymond
09 janvier 2020 à 00:10:37

J'ajouterais que l'abstention au second tour des présidentielles 2017 est la plus élevée qu'a connu la 5ème république. De plus en plus de français se désintéressent de la farce électorale, ou le candidat est désigné d'avance par les médias sous la coupe de puissants que je ne nommerais pas ici. Cela va en s'aggravant...

cazadalle
09 janvier 2020 à 13:47:07

Finalement je n'ai pas eu le temps de te faire une grosse réponse, ni le courage par ailleurs. De toute façon je suis d'accord sur le fond de ton analyse. Il n'y a seulement que des détailles sur la forme qui me chiffonne, comme le fameux Tournant néo-libérale à la fin des années 70. Juste concernant les théories de Hyman Minsky, celui-ci ce garde bien de dire que si les spéculateurs peuvent prendre des risques inconsidérés, c'est parce que Maman état est la pour leurs couvrir les fesses, comme en témoigne au hasard la crise 2008. :hap:

CHAT0N_BARBARE
09 janvier 2020 à 14:49:45

Le 09 janvier 2020 à 13:47:07 cazadalle a écrit :
Finalement je n'ai pas eu le temps de te faire une grosse réponse, ni le courage par ailleurs. De toute façon je suis d'accord sur le fond de ton analyse. Il n'y a seulement que des détailles sur la forme qui me chiffonne, comme le fameux Tournant néo-libérale à la fin des années 70. Juste concernant les théories de Hyman Minsky, celui-ci ce garde bien de dire que si les spéculateurs peuvent prendre des risques inconsidérés, c'est parce que Maman état est la pour leurs couvrir les fesses, comme en témoigne au hasard la crise 2008. :hap:

Non, la crise mondiales de 1873, 1929, la crise US de 1907, la tulipomania au XVIIe siècle (première crise financière d'ampleur au début de l'essor du capitalisme), et autres crise financières témoignent bien du fait que les crises financières étaient déjà là bien avant que les États ne se donnent les moyens d'intervenir après coup pour limiter la casse comme en 2008. D'ailleurs les États n'avaient aucunement annoncés qu'ils garantiraient les pertes des banques en cas de crise, donc encore une fois de dire ça c'est n'importe quoi. L'intervention des État s'est imposée à eux même, au cas contraire tout le système capitaliste mondial se serait cassé la gueule encore plus violemment.

Pour le tournant néolibéral des années 80, tu le contestes c'est ça ?
Voici la liste de privatisations en France :
https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/nationalisations-privatisations#&gid=1&pid=1
Autrement plus synthétique :
https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/03/17/breve-histoire-des-services-publics-de-reseau-a-l-intention-des-non-inities-1

En matière dépenses publiques :
https://medias.liberationon.fr/photo/1063951-fipeco.jpg

cazadalle
09 janvier 2020 à 17:56:28

Le 09 janvier 2020 à 14:49:45 CHAT0N_BARBARE a écrit :

Le 09 janvier 2020 à 13:47:07 cazadalle a écrit :
Finalement je n'ai pas eu le temps de te faire une grosse réponse, ni le courage par ailleurs. De toute façon je suis d'accord sur le fond de ton analyse. Il n'y a seulement que des détailles sur la forme qui me chiffonne, comme le fameux Tournant néo-libérale à la fin des années 70. Juste concernant les théories de Hyman Minsky, celui-ci ce garde bien de dire que si les spéculateurs peuvent prendre des risques inconsidérés, c'est parce que Maman état est la pour leurs couvrir les fesses, comme en témoigne au hasard la crise 2008. :hap:

Non, la crise mondiales de 1873, 1929, la crise US de 1907, la tulipomania au XVIIe siècle (première crise financière d'ampleur au début de l'essor du capitalisme), et autres crise financières témoignent bien du fait que les crises financières étaient déjà là bien avant que les États ne se donnent les moyens d'intervenir après coup pour limiter la casse comme en 2008.

Ai-je dis le contraire ? :hap:

D'ailleurs les États n'avaient aucunement annoncés qu'ils garantiraient les pertes des banques en cas de crise, donc encore une fois de dire ça c'est n'importe quoi. L'intervention des État s'est imposée à eux même, au cas contraire tout le système capitaliste mondial se serait cassé la b​ouche encore plus s​acre bleuemment.

Il aurait mieux valu, les causes de la crise sont toujours la et on peut légitimement ce demander si une prochaine crise ne va pas arriver dans les prochaines années, et la qui sauvera ce système bancale ? Probablement le citoyen lambda qu'on endettera encore pour sauver les fesses de banquier et politicards véreux.:hap:

Pour le tournant néolibéral des années 80, tu le contestes c'est ça ?
Voici la liste de privatisations en France :
https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/nationalisations-privatisations#&gid=1&pid=1
Autrement plus synthétique :
https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/03/17/breve-histoire-des-services-publics-de-reseau-a-l-intention-des-non-inities-1

En matière dépenses publiques :
https://medias.liberationon.fr/photo/1063951-fipeco.jpg

Non, je conteste plutôt le terme néolibérale en lui même. :hap:

CHAT0N_BARBARE
09 janvier 2020 à 18:28:34

Ai-je dis le contraire ?

Il me semble oui :hap:
Tu dis que si les financiers prennent des risques c'est parce que l'Etat agit comme assureur en dernier ressort. Sauf que même avant que l'Etat n'agisse comme ça la finance connaissait des crises, donc cette hypothèse libérale simpliste pour expliquer les crises est simplement invalide.

les causes de la crise sont toujours la et on peut légitimement ce demander si une prochaine crise ne va pas arriver dans les prochaines années

En même temps il faudrait me citer une décennie pendant laquelle il n'y a pas eu de crise :hap:

qui sauvera ce système bancale ? Probablement le citoyen lambda qu'on endettera encore pour sauver les fesses de banquier et politicards véreux.

En même temps si la seule politique de création monétaire envisageable continue d'être celle d'un accroissement de l'endettement c'est sûr que ça va pas s’arranger.. A mon avis la prochaine crise a de grandes chances de faire exploser le modèle budgétaire et monétaire Européen.

Non, je conteste plutôt le terme néolibérale en lui même. :hap:

C'est à dire ?

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Sujet : Les maux de la France
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