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Québec

Sujet : La plus grande parcelle de terre vendue au Canada
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Causa-sui
08 novembre 2019 à 21:54:43

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1377616/agriculture-terre-canada-vente-manitoba-ferme

10000 hectares, c'est plus des fermes à ce niveau, mais un pays. Le monde agricole est devenu tellement malsain et accaparé par les finances qu'il est plus facile de vendre en lots de la sorte que d'offrir des opportunités à des petits fermiers. Ça va finir dans les mains d'un gros producteur chinois tout ça.

«Aujourd’hui, notre situation reflète ce qui se passe dans le monde agricole en général. Nous sommes une ferme familiale, mes parents vieillissent et la nouvelle génération ne veut pas reprendre la ferme; c’est pourquoi nous vendons, et nous espérons que l’héritage familial continuera d’une forme ou d’une autre, explique Linda Markus, une des filles du couple.»

Les enfants qui préfèrent probablement aller faire du commerce ou des arts pour «s'épanouir» :noel:

Midian, tu vas me dire qu'on se fout des anglais, mais c'est pareil au Québec, et la terre est le dernier bastion de la souveraineté quoi qu'on dise.

CokeVanille
08 novembre 2019 à 23:23:36

Ça sera acheté par des Chinois.

Moimmaxx066
09 novembre 2019 à 03:04:32

Que ses enfants ne soient pas intéressés, c'est possible, mais de dire que les jeunes, leur génération, ne sont pas intéressés par l'agriculture, c'est n'importe quoi. À 56M$ pour une terre, ou ~1M$ de façon plus courante, c'est un peu pour ça que les jeunes sont pas intéressés.

L'acheteur d'une terre devrait avoir la citoyenneté unique de notre pays. Ça réglerait pas les problème d'exportation (et de surexploitation) de nos ressources, mais au moins ça enverrait un message.

Causa-sui
09 novembre 2019 à 21:39:24

Le 09 novembre 2019 à 03:04:32 Moimmaxx066 a écrit :
Que ses enfants ne soient pas intéressés, c'est possible, mais de dire que les jeunes, leur génération, ne sont pas intéressés par l'agriculture, c'est n'importe quoi. À 56M$ pour une terre, ou ~1M$ de façon plus courante, c'est un peu pour ça que les jeunes sont pas intéressés.

C'est assez courant que les enfants abandonnent le patrimoine familial au profit de l'industrie et des services. C'est là dessus que se base une société urbaine, sur l'exode des paysans. Et même dans les villes, il y a de moins en moins d'entrepreneurs ou d'employeurs et de plus en plus d'employés. Il n'y a plus de transmission qui se fait d'une génération à l'autre et on perd petit à petit des connaissances importantes à notre subsistance.

Le prix n'aide pas, mais je trouve que c'est plutôt le résultat d'une mentalité spécifique d'individus, qui cherchent l'émerveillement où il n'y en a pas et, pour revenir sur notre discussion de l'autre jour, de personnes qui cherchent une place alors qu'ils l'ont déjà au sein de leur familles.

L'acheteur d'une terre devrait avoir la citoyenneté unique de notre pays. Ça réglerait pas les problème d'exportation (et de surexploitation) de nos ressources, mais au moins ça enverrait un message.

Il faudrait aussi traiter du sujet de nos grandes entreprises globalisantes, les Canadiens sont des maîtres là-dessus. Mais ça, c'est une discussion qui ne se fera jamais parce qu'il y a trop d'emplois en jeu :noel:

Moimmaxx066
10 novembre 2019 à 01:03:09

Chercher l'émerveillement peut aussi venir d'agriculteurs de première génération.

La transmission du savoir peut se faire autrement que par la parenté aussi (et l'école aussi).

Autrement, pour prouver le point que je faisais initialement, les programmes de maraîchage voient leur nombre d'inscriptions augmenter très significativement.

Moimmaxx066
10 novembre 2019 à 01:38:42

Il faudrait aussi traiter du sujet de nos grandes entreprises globalisantes, les Canadiens sont des maîtres là-dessus. Mais ça, c'est une discussion qui ne se fera jamais parce qu'il y a trop d'emplois en jeu :noel:

L'affaire c'est qu'ils ont même pas l'air de se rendre compte qu'il y a d'autres modèles possibles. Je jasais à un agriculteur conventionnel l'autre jour et il me disait "on peut pas nourrir tout le monde autrement". Il parlait évidemment de sorte à ce que sa soit rentable pour lui. Comment le convaincre du contraire quand il a beau avoir des terres immenses mais qu'il fasse un salaire minime? Plus le monopole de lUPA qui impose les règles du jeu, son seul choix pour survivre est de continuer à grossir.

Les gens savent pas à quel point l'agriculture conventionnel coûte cher, parce que le seul coût pour l'agriculteur, s'il ne devient pas big, c'est de perdre sa job. Collectivement, on a d'abord le dégradement des forêts et de la faune (vu que pour certaines cultures, elles ne doivent pas être trop dense pour laisser place à la machinerie, faisant qu'on doit utiliser plus d'espace défriché), ensuite le dégrademement des sols causé par la monoculture (requise par la machinerie) (glyphosate et autres), ensuite la pollution engendrée pour améliorer le sol dégradé (chimie + transport), ensuite tout les coûts engendrés sur notre santé, ensuite les coûts de transport des récoltes (car quel village ne mangerait seulement que la récolte de l'agriculteur qui fait une monoculture de blé d'Inde faite pour nourrir autant de gens qu'il y a dans une ville de 100000 personne, exemple), ce coût x2 car on doit importer des aliments de plus, plus tous les subventions faites aux agriculteurs pour supporter les mauvaises années (ainsi que des problèmes politique comme le porc avec la Chine), la bonne part de profits qui retournent aux distributeurs (qui sont pas toujours canadiens/québécois) les emplois remplacés, et sûrement que j'en oublis. Anyway, tout ça me fâche.

Pseudo supprimé
10 novembre 2019 à 02:23:44

Max, ça prend un crédit agricole national comme dans le temps. On ne peut pas faire confiance aux banques.

L'agriculteur moderne doit aussi savoir autre chose que l'agriculture pour générer des revenus dans ses temps libres.

Pis ton idée de restreindre la propriété des terres agricoles aux citoyens canadiens est bonne à l'origine mais quand on sait que la citoyenneté canadienne ne vaut rien, ils la donnent à tout le monde....

Le début de la solution serait de fermer nos frontières et préconiser une politique nationale de natalité.

Jyxiaa
16 novembre 2019 à 04:53:03

X3 ça fais la Belgique génial

Causa-sui
17 novembre 2019 à 15:48:19

Le 10 novembre 2019 à 01:38:42 Moimmaxx066 a écrit :

Il faudrait aussi traiter du sujet de nos grandes entreprises globalisantes, les Canadiens sont des maîtres là-dessus. Mais ça, c'est une discussion qui ne se fera jamais parce qu'il y a trop d'emplois en jeu :noel:

L'affaire c'est qu'ils ont même pas l'air de se rendre compte qu'il y a d'autres modèles possibles. Je jasais à un agriculteur conventionnel l'autre jour et il me disait "on peut pas nourrir tout le monde autrement". Il parlait évidemment de sorte à ce que sa soit rentable pour lui. Comment le convaincre du contraire quand il a beau avoir des terres immenses mais qu'il fasse un salaire minime? Plus le monopole de lUPA qui impose les règles du jeu, son seul choix pour survivre est de continuer à grossir.

Les gens savent pas à quel point l'agriculture conventionnel coûte cher, parce que le seul coût pour l'agriculteur, s'il ne devient pas big, c'est de perdre sa job. Collectivement, on a d'abord le dégradement des forêts et de la faune (vu que pour certaines cultures, elles ne doivent pas être trop dense pour laisser place à la machinerie, faisant qu'on doit utiliser plus d'espace défriché), ensuite le dégrademement des sols causé par la monoculture (requise par la machinerie) (glyphosate et autres), ensuite la pollution engendrée pour améliorer le sol dégradé (chimie + transport), ensuite tout les coûts engendrés sur notre santé, ensuite les coûts de transport des récoltes (car quel village ne mangerait seulement que la récolte de l'agriculteur qui fait une monoculture de blé d'Inde faite pour nourrir autant de gens qu'il y a dans une ville de 100000 personne, exemple), ce coût x2 car on doit importer des aliments de plus, plus tous les subventions faites aux agriculteurs pour supporter les mauvaises années (ainsi que des problèmes politique comme le porc avec la Chine), la bonne part de profits qui retournent aux distributeurs (qui sont pas toujours canadiens/québécois) les emplois remplacés, et sûrement que j'en oublis. Anyway, tout ça me fâche.

Comme nous enseigne la sagesse biblique, peut-être que finalement la volonté du triomphe de l'homme sur la nature est bel et bien le plus grand triomphe de la nature sur l'homme :peur:

Et oui, on est trop dépendants des échanges commerciaux. L'imposition des revenus du commerce et la taxation du produit consommé a remplacé les revenus du servage, qui anciennement maintenaient un état en place. Vendre les surplus, profiter du savoir-faire, par exemple des Japonais en échange de notre sirop d'érable, pourquoi pas ? Ce serait idiot de ne pas le faire. Mais ce serait encore plus idiot de construire un système économique basé sur la dépendance des travailleurs québécois au désir chancelant des Japonais. À mon avis, il y a une distinction à faire entre les ressources et les activités liées à la subsistance et celles visant l'enrichissement autant de la nation que des individus ou des entreprises.

Puis, les taxes et autres dépenses nécessaires au maintien de la bureaucratie sont probablement meilleures que l'UPA poir imposer un mal non nécessaire. J'imagine que pour espérer une activité de subsistance, sans recettes fiscales de l'état sur celle-ci, tout en entretenant les infrastructures communes utiles comme les hopitaux, il n'y a pas beaucoup de solutions à part peut-être un servage citoyen, ou d'avoir un état bénévolent comme l'église.

Moimmaxx066
19 novembre 2019 à 13:35:45

Pas mal ta citation!

L'idée de servage est pas mal très intense non? J'ai l'impression que tu proposes ça pour forcer les gens à rester agriculteur, mais comme je t'ai dit, je comprends pas pourquoi tu penses que y a pas de candidats intéressés à la relève. Les inscriptions dans les programmes de maraîchage explosent. C'est le prix des terres et tous les règlements qui causent problèmes.

Accensi
19 novembre 2019 à 16:18:06

Max a raison mais il a quand même enfreint la règle concernant son droit à parler d'autre chose que la science.

Causa-sui
21 novembre 2019 à 12:28:17

Vous n'avez quand même pas l'impression qu'on bétonne trop massivement la région la plus fertile du Québec, le Saint-Laurent ? Que les domaines foncier ne servent globalement plus à exploiter ces terres de manière durable et qu'ils sont petit à petit remplacés par des appartements ou des maisons de banlieue pour une exploitation de l'espace qui va inévitablement créer une dépendance de la campagne à la ville ? Que dans ces villes qui grandissent toujours, il y a une demande grandissante des emplois de service, ce qui se ferait peut-être au dépend des emplois qui fournissent les matières premières, qui eux doivent produire toujours plus ? Puis, on pourrait noter aussi l'immigration qui ne fait qu'agrandir l'avidité de la cité, et bien d'autres...

Bon après, je parle de ce que je vois et non de ce qui est vrai, mais je ne pense pas qu'une simple augmentation de la participation aux programmes de maraîchage suffit, ne serait-ce que pour régler les problèmes dont Max a fait part. L'école est à mes yeux encore une structure qui se met au delà, qui impose malgré elle une production et des dépenses grandissantes pour des connaissances qui pourraient faire partie de traditions familliales acquises dès l'enfance.

Et non, je ne parlais pas d'un servage paysan, mais d'un servage qui comblerait certains besoins essentiels de services, pour justement réduire la dépendance du paysan à la ville afin d'encourager la société agraire. Mais c'est vrai que c'est un peu simplet et extrême :noel:

Causa-sui
21 novembre 2019 à 12:57:41

Si on observe la Chine, en à peine 100 ans, on trouve un phénomène assez intéressant. Il y a eu une réforme agraire très sévère, où l'état s'appropriait les gros domaines privés pour les redistribuer et créer une classe paysanne. Ces paysans ont préféré en majorité s'installer en à peine 50 ans dans les villes et dépendre des importations, ils ont choisis l'industrie à l'agriculture... En Europe, beaucoup de nobles terriens on peu à peu délaissé leur terre pour croitre à travers les revenus du commerce.

Pourquoi ? Mystère et boule de gomme. C'est à croire que la technologie et la richesse attire les hommes comme le feu attire les moustiques. Je ne sais pas si le prix de la terre suffit à nous en éloigner :(

Accensi
21 novembre 2019 à 17:49:27

J'ai pas lu mais t'as probablement tort.

Moimmaxx066
23 novembre 2019 à 15:40:33

Le 21 novembre 2019 à 12:57:41 Causa-sui a écrit :
Si on observe la Chine, en à peine 100 ans, on trouve un phénomène assez intéressant. Il y a eu une réforme agraire très sévère, où l'état s'appropriait les gros domaines privés pour les redistribuer et créer une classe paysanne. Ces paysans ont préféré en majorité s'installer en à peine 50 ans dans les villes et dépendre des importations, ils ont choisis l'industrie à l'agriculture... En Europe, beaucoup de nobles terriens on peu à peu délaissé leur terre pour croitre à travers les revenus du commerce.

Pourquoi ? Mystère et boule de gomme. C'est à croire que la technologie et la richesse attire les hommes comme le feu attire les moustiques. Je ne sais pas si le prix de la terre suffit à nous en éloigner :(

C'était pas facile dans le temps comme job. Par exemple, tu pouvais travailler comme un fou toute l'année et nourrir ta famille qu'avec quelques patates suite à de mauvaises récoltes, ou la maladie. Ça peut être traumatisant, surtout pour des enfants. L'"inconnue" de la ville semble alors beaucoup plus intéressant.

Autre chose, la paysannerie* n'existe plus. C'est présentement légalement impossible d'être un paysan qui revends ses produits issues d'animaux sans passer par une tonne d'obstacles qui rende la chose non-rentable et/ou sans valeur ajouté. Si t'es intéressé par des références, MP moi.
* (outre vegan qui anyway, est issue d'une agriculture qui n'est même pas écologique).

Accensi
23 novembre 2019 à 17:35:00

Le 21 novembre 2019 à 17:49:27 Accensi a écrit :
J'ai pas lu mais t'as probablement tort.

rt

Moimmaxx066
23 novembre 2019 à 19:29:56

tiens, vlà de l'attention jf

Accensi
23 novembre 2019 à 19:41:31

Merci, Dr Farnsworth.

Causa-sui
24 novembre 2019 à 01:04:59

Le 23 novembre 2019 à 15:40:33 Moimmaxx066 a écrit :

Le 21 novembre 2019 à 12:57:41 Causa-sui a écrit :
Si on observe la Chine, en à peine 100 ans, on trouve un phénomène assez intéressant. Il y a eu une réforme agraire très sévère, où l'état s'appropriait les gros domaines privés pour les redistribuer et créer une classe paysanne. Ces paysans ont préféré en majorité s'installer en à peine 50 ans dans les villes et dépendre des importations, ils ont choisis l'industrie à l'agriculture... En Europe, beaucoup de nobles terriens on peu à peu délaissé leur terre pour croitre à travers les revenus du commerce.

Pourquoi ? Mystère et boule de gomme. C'est à croire que la technologie et la richesse attire les hommes comme le feu attire les moustiques. Je ne sais pas si le prix de la terre suffit à nous en éloigner :(

C'était pas facile dans le temps comme job. Par exemple, tu pouvais travailler comme un fou toute l'année et nourrir ta famille qu'avec quelques patates suite à de mauvaises récoltes, ou la maladie. Ça peut être traumatisant, surtout pour des enfants. L'"inconnue" de la ville semble alors beaucoup plus intéressant.

C'est clair que ça entre en compte, mais entre l'assurance d'une terre qui se renouvelle à chaque année qui t'appartient et celle des revenus de misère d'une entreprise fragile en compétition, le choix est vite fait :noel:

Mais bon j'idéalise un peu la vie paysanne, c'est vrai que c'est toute une job.

Autre chose, la paysannerie* n'existe plus. C'est présentement légalement impossible d'être un paysan qui revends ses produits issues d'animaux sans passer par une tonne d'obstacles qui rende la chose non-rentable et/ou sans valeur ajouté. Si t'es intéressé par des références, MP moi.
* (outre vegan qui anyway, est issue d'une agriculture qui n'est même pas écologique).

Là dessus on est bien d'accord. C'est pour ça que j'aimerais imaginer une agriculture de subsistance qui ne soit pas soumise à l'imposition et la possibilité d'avoir des terres qui ne soient pas taxées, pour permettre aux petites familles de se réinstaller dans les campagnes.

Oui je veux bien. Tu peux les poser ici, ça en intéresse sûrement d'autres dont Jf même s'il ne voudra pas l'admettre.

Accensi
24 novembre 2019 à 21:21:56

Trois lignes et j'ai pas lu. Bravo. Un nouveau record, monsieur Francilien.

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Sujet : La plus grande parcelle de terre vendue au Canada
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