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Savoir & Culture

Histoire

Sujet : Les cannibales
1
XavierProf
Niveau 5
15 avril 2022 à 02:01:46

Les explorateurs Filippo Pigafetta et Duarte Lopez en parlent dans leur livre Description du royaume du Congo et des contrées environnantes publié en 1591.

"Au-delà du royaume de Loango, on rencontre les peuples appelés Anzique, dont on rapportera l'histoire, vraiment étrange et presque incroyable, à cause de la coutume bestiale et cruelle qu'ils ont de manger de la chair humaine, même s'il s'agit des corps de leurs plus proches parents.

(...)

Ils pratiquent la circoncision; ils ont aussi la coutume de se marquer le visage d'incisions diverses faites au couteau, et cela dès l'enfance, aussi bien les hommes que les femmes, les seigneurs que le peuple. Leurs boucheries sont fournies de chair humaine, comme les nôtres le sont de viande de boeuf ou d'autres animaux. En effet, ils mangent les ennemis qu'ils réussissent à capturer au cours d'une guerre. Quant à leurs esclaves, ils les vendent s'ils peuvent en obtenir un prix élevé; sinon, ils les livrent à des bouchers qui les dépècent et les vendent comme viande à rôtir ou à bouillir. Et ce qui est extraordinaire, c'est que certains, fatigués de vivre ou bien par générosité d'âme ou encore pour faire preuve de courage — estimant d'un grand honneur de s'offrir à la mort en montrant un réel mépris de la vie — se livrent d'eux-mêmes à la boucherie, de même que des sujets, pour faire une action remarquable au service de leur prince, donnent leur propre corps à manger. Lorsque les esclaves sont bien gras, on les égorge et on les dévore.

Les explorateurs comparent ensuite les Anzique avec les autres tribus pratiquant le cannibalisme ailleurs dans le monde :

Sans doute y a-t-il beaucoup de peuples qui se nourrissent de chair humaine —ainsi ceux des Indes orientales, du Brésil et d'ailleurs — mais du moins ce sont leurs adversaires, leurs ennemis qu'ils mangent, alors que les Anzique mangent aussi bien leurs amis, leurs vassaux, leurs parents, ce qui est une pratique dont on n'a pas trace nul part ailleurs dans le monde.

Qzerti
Niveau 9
15 avril 2022 à 17:51:50

C'est dommage. Ils disent pas le plat préféré : entrecôte, foie, faux filet ? :o))

ps : pour relativiser, n'oublions pas qu'en temps de famine, l'anthropophagie est une règle. Il suffit que ces peuplades aient à affronter régulièrement des famines pour que la viande humaine devienne un plat comme un autre.

Dreadead
Niveau 19
15 avril 2022 à 19:18:13

Il serait honnête d’adjoindre à cette description les notes de fin:

1.Le peuple Anzique, comme beaucoup d’autres, pratiquait certainement l’anthropophagie, probablement comme rite : par exemple, le corps d’un ennemi, ramené comme trophée de guerre, devait sans doute être mangé rituellement. Mais la description que fait notre auteur de cette pratique est absolument fantaisiste. Les informations de Lopes sur les Anzique provenaient uniquement des de ce qui lui était rapporté dans le royaume de Congo par des « pombeiros » portugais et congolais. C’est dire que tels renseignements, outre qu’ils étaient soumis à l’amplification légendaire, reflétaient immanquablement les préjugés défavorables que les habitants du royaume de Congo nourrissait à l’égard de leurs voisins, qui étaient souvent leurs ennemis.

Le royaume de Congo: et les contrées environnantes, page 265.

Qzerti
Niveau 9
15 avril 2022 à 22:16:45

Le 15 avril 2022 à 19:18:13 :
Il serait honnête d’adjoindre à cette description les notes de fin:

1.Le peuple Anzique, comme beaucoup d’autres, pratiquait certainement l’anthropophagie, probablement comme rite : par exemple, le corps d’un ennemi, ramené comme trophée de guerre, devait sans doute être mangé rituellement. Mais la description que fait notre auteur de cette pratique est absolument fantaisiste. Les informations de Lopes sur les Anzique provenaient uniquement des de ce qui lui était rapporté dans le royaume de Congo par des « pombeiros » portugais et congolais. C’est dire que tels renseignements, outre qu’ils étaient soumis à l’amplification légendaire, reflétaient immanquablement les préjugés défavorables que les habitants du royaume de Congo nourrissait à l’égard de leurs voisins, qui étaient souvent leurs ennemis.

Le royaume de Congo: et les contrées environnantes, page 265.

L'honnêteté serait de respecter le témoignage de cet homme sans s'imaginer qu'il colportait des ragots.

Dreadead
Niveau 19
16 avril 2022 à 01:25:58

Le 15 avril 2022 à 22:16:45 :

Le 15 avril 2022 à 19:18:13 :
Il serait honnête d’adjoindre à cette description les notes de fin:

1.Le peuple Anzique, comme beaucoup d’autres, pratiquait certainement l’anthropophagie, probablement comme rite : par exemple, le corps d’un ennemi, ramené comme trophée de guerre, devait sans doute être mangé rituellement. Mais la description que fait notre auteur de cette pratique est absolument fantaisiste. Les informations de Lopes sur les Anzique provenaient uniquement des de ce qui lui était rapporté dans le royaume de Congo par des « pombeiros » portugais et congolais. C’est dire que tels renseignements, outre qu’ils étaient soumis à l’amplification légendaire, reflétaient immanquablement les préjugés défavorables que les habitants du royaume de Congo nourrissait à l’égard de leurs voisins, qui étaient souvent leurs ennemis.

Le royaume de Congo: et les contrées environnantes, page 265.

L'honnêteté serait de respecter le témoignage de cet homme sans s'imaginer qu'il colportait des ragots.

Lopes colportait des ragots. Ou plus précisément, il rapportait ce que d’autres personnes lui disaient, il n’est jamais allé chez les Anziques et se base sur des témoignages de second main qui ont de bonne raison d’être biaisés. Peut-être que lui-même n’avait pas conscience de ça, mais c’est bien ce qu’il fait.
Si les Anziques avaient vraiment de tels pratiques ont devrait avoir une source abondante de témoignages provenant des divers peuples en contact avec eux, des restes archéologiques témoignant de tels pratiques et des observations anthropologiques qui abonderait en ce sens. On ne possède aucuns des 3. On se rabat sur l’hypothèse la plus probable : même si Lopes était probablement de bonne foi, il se basait sur des sources qui ne l’était pas et qui avait de bonnes raisons de diaboliser des Anziques.

Qzerti
Niveau 9
16 avril 2022 à 02:37:11

Le 16 avril 2022 à 01:25:58 :

Le 15 avril 2022 à 22:16:45 :

Le 15 avril 2022 à 19:18:13 :
Il serait honnête d’adjoindre à cette description les notes de fin:

1.Le peuple Anzique, comme beaucoup d’autres, pratiquait certainement l’anthropophagie, probablement comme rite : par exemple, le corps d’un ennemi, ramené comme trophée de guerre, devait sans doute être mangé rituellement. Mais la description que fait notre auteur de cette pratique est absolument fantaisiste. Les informations de Lopes sur les Anzique provenaient uniquement des de ce qui lui était rapporté dans le royaume de Congo par des « pombeiros » portugais et congolais. C’est dire que tels renseignements, outre qu’ils étaient soumis à l’amplification légendaire, reflétaient immanquablement les préjugés défavorables que les habitants du royaume de Congo nourrissait à l’égard de leurs voisins, qui étaient souvent leurs ennemis.

Le royaume de Congo: et les contrées environnantes, page 265.

L'honnêteté serait de respecter le témoignage de cet homme sans s'imaginer qu'il colportait des ragots.

Lopes colportait des ragots. Ou plus précisément, il rapportait ce que d’autres personnes lui disaient, il n’est jamais allé chez les Anziques et se base sur des témoignages de second main qui ont de bonne raison d’être biaisés. Peut-être que lui-même n’avait pas conscience de ça, mais c’est bien ce qu’il fait.
Si les Anziques avaient vraiment de tels pratiques ont devrait avoir une source abondante de témoignages provenant des divers peuples en contact avec eux, des restes archéologiques témoignant de tels pratiques et des observations anthropologiques qui abonderait en ce sens. On ne possède aucuns des 3. On se rabat sur l’hypothèse la plus probable : même si Lopes était probablement de bonne foi, il se basait sur des sources qui ne l’était pas et qui avait de bonnes raisons de diaboliser des Anziques.

T'as fini de troller ?

HAThunder94
Niveau 6
16 avril 2022 à 15:12:28

Et toi donc Qzerti?

Gocinite
Niveau 1
16 avril 2022 à 17:37:36

Le 16 avril 2022 à 02:37:11 :

Le 16 avril 2022 à 01:25:58 :

Le 15 avril 2022 à 22:16:45 :

Le 15 avril 2022 à 19:18:13 :
Il serait honnête d’adjoindre à cette description les notes de fin:

1.Le peuple Anzique, comme beaucoup d’autres, pratiquait certainement l’anthropophagie, probablement comme rite : par exemple, le corps d’un ennemi, ramené comme trophée de guerre, devait sans doute être mangé rituellement. Mais la description que fait notre auteur de cette pratique est absolument fantaisiste. Les informations de Lopes sur les Anzique provenaient uniquement des de ce qui lui était rapporté dans le royaume de Congo par des « pombeiros » portugais et congolais. C’est dire que tels renseignements, outre qu’ils étaient soumis à l’amplification légendaire, reflétaient immanquablement les préjugés défavorables que les habitants du royaume de Congo nourrissait à l’égard de leurs voisins, qui étaient souvent leurs ennemis.

Le royaume de Congo: et les contrées environnantes, page 265.

L'honnêteté serait de respecter le témoignage de cet homme sans s'imaginer qu'il colportait des ragots.

Lopes colportait des ragots. Ou plus précisément, il rapportait ce que d’autres personnes lui disaient, il n’est jamais allé chez les Anziques et se base sur des témoignages de second main qui ont de bonne raison d’être biaisés. Peut-être que lui-même n’avait pas conscience de ça, mais c’est bien ce qu’il fait.
Si les Anziques avaient vraiment de tels pratiques ont devrait avoir une source abondante de témoignages provenant des divers peuples en contact avec eux, des restes archéologiques témoignant de tels pratiques et des observations anthropologiques qui abonderait en ce sens. On ne possède aucuns des 3. On se rabat sur l’hypothèse la plus probable : même si Lopes était probablement de bonne foi, il se basait sur des sources qui ne l’était pas et qui avait de bonnes raisons de diaboliser des Anziques.

T'as fini de troller ?

Il a raison, t'es juste malhonnête, c'est tout...

deusnatura
Niveau 3
16 avril 2022 à 19:02:32

N’oublions pas que durant la petite âge glaciaire en Europe, la problématique de l’agriculture engendre la famine, et lorsque votre voisin vous invitez à dîner chez lui, c’était vous le dîner.

Qzerti
Niveau 9
17 avril 2022 à 01:48:43

Le 16 avril 2022 à 19:02:32 :
N’oublions pas que durant la petite âge glaciaire en Europe, la problématique de l’agriculture engendre la famine, et lorsque votre voisin vous invitez à dîner chez lui, c’était vous le dîner.

Tout à fait.
Dans toute société où la famine est la règle, l'anthropophagie est aussi la règle... les sociétés du maghreb par exemple souffrant de sécheresse et de famines connaissaient de manière normale des pratiques anthropophagiques. Les contes maghrébins en parlent. Les femmes étaient souvent accusés de faire disparaitre les hommes au détour d'un virage de montagne. Elles les dévoraient dans leurs grottes.
Ce ne sont pas que des légendes.

CharlotDeGaulle
Niveau 9
20 avril 2022 à 01:26:40

L'auteur décrit bien une anthropophagie structurelle et non conjoncturelle.

CharlotDeGaulle
Niveau 9
20 avril 2022 à 03:47:07

D'autres témoins confirment :

«..[au-delà du fleuve Zaïre] se trouve le royaume de Macoco, où jamais les chrétiens n'ont pénétré; les habitants mangent de la chair humaine, et, on ne peut que frémir à cette bestialité, le roi, dit-on, mange chaque jour la poitrine d'une jeune fille avec laquelle il a dormi la nuit précédente. Tous ses sujets lui offrent leurs propres filles, si elles sont de belle apparence; et ce qui est le plus admirable, c'est que même en sachant qu'elles vont mourir, elles sont très heureuses, car elles prétendent ainsi qu'elles vont entrer dans le corps de leur roi» (Relation del viage de Guinea que hiço el Padre Fray Diego del Sanélissimo Sacramento..., 1583, dans Bràsio, IV, p. 369). —

«Nous trouvant le frère Francesco et moi dans la ville de Nsundi du royaume de Congo et en bordure de celui des Anzique, il venait ici beaucoup de gens de ce royaume pour nous voir... Ils mangent de la chair humaine et quelques [marchands portugais] nous assuraient que ce roi a une grande cour autour de son palais, dans laquelle il garde les crânes des hommes qu'il a mangés. Comme il n'en avait pas suffisamment à son gré parmi ses prisonniers de guerre, il demandait au gouverneur de ses territoires qu'il lui envoie beau-coup d'individus bien gras pour sa pitance, et ceux désignés y allaient en dansant et sautant, faisant grande fête, se considérant tout heureux d'être la nourriture de leur roi» (Relationdi Congo tre Religiosi Carmelitani Scalzi mandate a predicare net 1584..., dans Bràsio, IV, p. 400-401).

CharlotDeGaulle
Niveau 9
20 avril 2022 à 12:32:33

La circoncision et la scarification sont également confirmées.
Pourquoi le cannibalisme structurel des Anzique serait lui seul faux et imaginaire si ce n'est que ça heurte les cercles bien-pensants d'aujourd'hui ?

Dreadead
Niveau 19
20 avril 2022 à 14:38:35

D'autres témoins confirment :

L’Honnêteté aurait voulu aurait voulu que tu précises que tu as trouvé ces extraits à la même page que j’ai donné plus haut, et que l’auteur les donne pour montrer des exemples de ce qu’on racontait sur les Anziques à l’époque, sans pour autant que ce soit crédible. Et ce ne sont pas des témoins, les différents auteurs ne se sont jamais rendu chez les Anziques pour vérifier, ils rapportent ce qu’ils ont entendu des pombeiros (qui avait de bonne raison de diaboliser les Anziques).

La circoncision et la scarification sont également confirmées.

Pourquoi le cannibalisme structurel des Anzique serait lui seul faux et imaginaire si ce n'est que ça heurte les cercles bien-pensants d'aujourd'hui ?

Personne ne remet en cause que les Anziques avait des pratiques cannibales, ces dernières sont bien attestées chez les peuples bantous. Ce sont les types de pratiques décrites qui sont remis en cause, parce qu’on a de bonnes raisons de penser que ce sont des racontars. (cf. Mes commentaires plus haut).

Au passage, personne ne parle d’anthropophagie structurelle, c’est un terme que tu viens d’inventer. Il existe des termes en anthropologie pour parler des pratiques anthropophages chez l’homme. « Anthropophagie structurelle » n’en fait pas parti.

CharlotDeGaulle
Niveau 9
20 avril 2022 à 22:00:28

Le 20 avril 2022 à 14:38:35 :

D'autres témoins confirment :

L’Honnêteté aurait voulu aurait voulu que tu précises que tu as trouvé ces extraits à la même page que j’ai donné plus haut, et que l’auteur les donne pour montrer des exemples de ce qu’on racontait sur les Anziques à l’époque, sans pour autant que ce soit crédible. Et ce ne sont pas des témoins, les différents auteurs ne se sont jamais rendu chez les Anziques pour vérifier, ils rapportent ce qu’ils ont entendu des pombeiros (qui avait de bonne raison de diaboliser les Anziques).

Descends de ton char Ben Hur !
Cesse de donner des leçons d'honnêteté au monde entier.
Accepte le témoignage des contemporains. Ne sois pas négationniste.

La circoncision et la scarification sont également confirmées.

Pourquoi le cannibalisme structurel des Anzique serait lui seul faux et imaginaire si ce n'est que ça heurte les cercles bien-pensants d'aujourd'hui ?

Personne ne remet en cause que les Anziques avait des pratiques cannibales, ces dernières sont bien attestées chez les peuples bantous. Ce sont les types de pratiques décrites qui sont remis en cause, parce qu’on a de bonnes raisons de penser que ce sont des racontars. (cf. Mes commentaires plus haut).

Au passage, personne ne parle d’anthropophagie structurelle, c’est un terme que tu viens d’inventer. Il existe des termes en anthropologie pour parler des pratiques anthropophages chez l’homme. « Anthropophagie structurelle » n’en fait pas parti.

Ne fais pas semblant de ne pas comprendre "anthropophagie structurelle".

Dreadead
Niveau 19
21 avril 2022 à 01:11:10

Descends de ton char Ben Hur !

Cesse de donner des leçons d'honnêteté au monde entier.
Accepte le témoignage des contemporains. Ne sois pas négationniste.

Je ne donne pas de leçon d’honnêteté, je rappelle juste ses principes spécifiquement à toi, car tu en manques cruellement.
Pour le reste, j'ai déjà répondu:

Et ce ne sont pas des témoins, les différents auteurs ne se sont jamais rendu chez les Anziques pour vérifier, ils rapportent ce qu’ils ont entendu des pombeiros (qui avait de bonne raison de diaboliser les Anziques).

Et

Ne fais pas semblant de ne pas comprendre "anthropophagie structurelle".

Il n’y a rien à comprendre à un mot qui n’a jamais été utilisé ni en anthropologie, ni en histoire, et tu simplement inventé il y a quelques heures.

CharlotDeGaulle
Niveau 9
21 avril 2022 à 03:34:51

Le 21 avril 2022 à 01:11:10 :

Descends de ton char Ben Hur !

Cesse de donner des leçons d'honnêteté au monde entier.
Accepte le témoignage des contemporains. Ne sois pas négationniste.

Je ne donne pas de leçon d’honnêteté, je rappelle juste ses principes spécifiquement à toi, car tu en manques cruellement.
Pour le reste, j'ai déjà répondu:

Et moi je t'ai déjà demandé de descendre de ton char !

Et ce ne sont pas des témoins, les différents auteurs ne se sont jamais rendu chez les Anziques pour vérifier, ils rapportent ce qu’ils ont entendu des pombeiros (qui avait de bonne raison de diaboliser les Anziques).

Et

Ne fais pas semblant de ne pas comprendre "anthropophagie structurelle".

Il n’y a rien à comprendre à un mot qui n’a jamais été utilisé ni en anthropologie, ni en histoire, et tu simplement inventé il y a quelques heures.

Inspire-toi. Respire !
Anthropohagie structurelle = anthropophagie qui est inscrite dans les structures sociétales, autrement dit cannibalisme pratiqué par goût, par habitude, et non pour des circonstances extraordinaires comme une famine.
Autrement dit ce n'est pas une anthropohagie conjoncturelle.

CharlotDeGaulle
Niveau 9
21 avril 2022 à 13:29:46

L'auteur est Duarte Lopez, explorateur, commerçant portugais. Fils de confiseur, né près de Lisbonne, il est un "nouveau chrétien", comprendre un juif converti. Il se lance dans la traite des nègres. Il part pour Luanda. Il s'établit en Afrique pour plus de 4 ans. Il devient l'ami du roi du Congo qui lui donne 60 ha de terres et donne 100 ha de terres au Pape. C'est pour annoncer ce don de terres que le roi du Congo envoie Duarte Lopez voir le Pape à Rome. Sur le chemin du retour, il passe par Lisbonne. La cour reçoit très mal ces dons de terre... le roi est vexé bien sûr et voit le Pape comme un rival... des ragots circulent sur Lopez le "nouveau chrétien", on lui reproche évidemment sa judaité. Lopez n'obtient rien à la cour du Portugal. Quand il repart à Rome, le pape est mort. Son successeur ne peut accepter le cadeau du roi du Congo qui mettrait en concurrence le pape et le roi du Portugal. Lopez a échoué dans sa mission. Mais il a gagné une oreille compatissante et attentive en la personne du cardinal Migliore qui charge Antonio Pigafetta de traduire et publier son récit en italien.

Pigaffeta est un descendant du Pigaffeta qui a fait le tour du monde de Magellan. Vénitien, homme d'armes, navigateur, explorateur, architecte militaire... c'est un génie à tout faire. Il sert de plume à Lopez qui a déjà mis sur le papier en portugais son aventure.

Le récit de Lopez est honnête. Il est bien reçu. Seul au XVIII° s. on a commencé à le critiquer un peu. Critique qui a duré jusqu'à la fin XIX° s. Au XX° une réhabilitiation a eu lieu jusqu'à aujourd'hui. Quelle fut la nature des critiques ? Evidemment le récit de Lopez est celui d'un seul homme qui a vécu quelques années là-bas. Ses estimations chiffrées des distances ne pouvait pas être exacte. On l'a critiqué sur sa description des rives du Congo et quelques menus détails, prétendant par là qu'il n'y avait jamais été. C'est ridicule. Quiconque connait les rives d'un fleuve sait, surtout un si gros fleuve et si puissant que le Congo, qu'elle change d'aspect chaque année au fur et à mesure des crues... Ces critiques faites 200 ans après Lopez paraissent puériles et stupides. En réalité, le XVIII°-XIX° correspond à une époque où les français et les anglais s'intéressent à ces régions. Il fallait bien critiquer et dénigrer ceux qui les premiers s'y étaient intéressés : les portugais, les espagnols et les italiens. Lopez était tout désigné pour s'attirer les foudres puisque déjà on lui avait toujours reproché son côté "nouveau chrétien".
Au XX° s. les passions retombent, l'Europe se retire d'Afrique, et la sérénité revient et le récit de Lopez est rébhabilité. Il n'y a aucune raison d'en douter. Il s'agit simplement de la vision d'un homme de son temps sur une région sauvage et si différente de l'Europe. Comme le récit de Marco Polo on tombe souvent sur ce qui nous semble des exagérations merveilleuses... mais, c'est qu'au récit se mêle le roman... le voyageur c'est normal veut faire voyager le lecteur. Il traduit aussi ses propres peurs et impressions. Tout ce qui peut être pris comme exagération est compréhensible. Par exemple, la description paradisaique de l'île de Ste Hélène est celle qu'en fait un navigateur qui tombe sur cette île au milieu de l'Atlantique après des semaines d'errance.... il est évident que n'importe quel île avec des arbres, des sources d'eau et de la nourriture y apparaitrait comme un coin de paradis. De même quand Lopez décrit des créatures monstrueuses dans les forêts d'Afrique, des hommes à moitié bêtes... imaginons nous à côté de Lopez si loin de chez lui, dans ce milieu complètement nouveau où les populations elles-mêmes parlent de monstres et de magie à tout va, où les guerriers se déguisent eux-mêmes en monstres etc. C'est un récit unique et merveilleux qu'il faut lire pour se faire une idée de l'Afrique d'alors.
Son récit aura beaucoup de succès et sera traduit dans toutes les langues européennes : latin, anglais, allemand, hollandais, etc.

Dreadead
Niveau 19
21 avril 2022 à 19:12:28

Inspire-toi. Respire !

Anthropohagie structurelle = anthropophagie qui est inscrite dans les structures sociétales, autrement dit cannibalisme pratiqué par goût, par habitude, et non pour des circonstances extraordinaires comme une famine.
Autrement dit ce n'est pas une anthropohagie conjoncturelle.

On serait curieux de savoir de quels auteurs tu tires ces définitions.

Le récit de Lopez est honnête. Il est bien reçu. Seul au XVIII° s. on a commencé à le critiquer un peu. Critique qui a duré jusqu'à la fin XIX° s. Au XX° une réhabilitiation a eu lieu jusqu'à aujourd'hui.

Il n’y a jamais eu de « réhabilitation ». Il y a des critiques, certaines justes, d’autres non, mais personne ne prend ce texte sans de bonnes pincettes. Comme c’est le cas de la vaste majorité des textes sur lequel s’appuie les historiens. Et tu le sais très bien, vu que le pavé que tu as pondu et une repompe des premières pages de l’introduction de Willy Bal, mais sans les passages où ce dernier est critique avec le texte, ça aurait été dommage sinon.

On l'a critiqué sur sa description des rives du Congo et quelques menus détails, prétendant par là qu'il n'y avait jamais été. C'est ridicule. Quiconque connait les rives d'un fleuve sait, surtout un si gros fleuve et si puissant que le Congo, qu'elle change d'aspect chaque année au fur et à mesure des crues... Ces critiques faites 200 ans après Lopez paraissent puériles et stupides

Quelques lignes plus loin :

Il n'y a aucune raison d'en douter. Il s'agit simplement de la vision d'un homme de son temps sur une région sauvage et si différente de l'Europe. Comme le récit de Marco Polo on tombe souvent sur ce qui nous semble des exagérations merveilleuses... mais, c'est qu'au récit se mêle le roman... le voyageur c'est normal veut faire voyager le lecteur. Il traduit aussi ses propres peurs et impressions. Tout ce qui peut être pris comme exagération est compréhensible. Par exemple, la description paradisaique de l'île de Ste Hélène est celle qu'en fait un navigateur qui tombe sur cette île au milieu de l'Atlantique après des semaines d'errance.... il est évident que n'importe quel île avec des arbres, des sources d'eau et de la nourriture y apparaitrait comme un coin de paradis. De même quand Lopez décrit des créatures monstrueuses dans les forêts d'Afrique, des hommes à moitié bêtes... imaginons nous à côté de Lopez si loin de chez lui, dans ce milieu complètement nouveau où les populations elles-mêmes parlent de monstres et de magie à tout va, où les guerriers se déguisent eux-mêmes en monstres etc. C'est un récit unique et merveilleux qu'il faut lire pour se faire une idée de l'Afrique d'alors.

Magnifique, en plus de ne pas comprendre les critiques qui lui sont faite, tu apportes toi-même une partie des critiques qui font que cet ouvrage doit-être pris avec des pincettes sans même t’en rendre compte.
Sinon, pour le sujet spécifique des rives du Congo, tu ne comprends, de toutes évidences, pas la critique : le problème avec sa description est qu’elle est vague et pleine d’approximations. Ce qui, chez un auteur qui est loin d’être avare en détails et a fait une description relativement juste de la côte, pointe qu’il ne l’a jamais parcouru (ou très peu), si on rajoute à ça qu’il n’avait aucune raison de la faire et qu’il ne prétend jamais l’avoir fait, la réponse s’avère évidente, citons l’introduction sur lequel tu as par ailleurs basé ton pavé :

En fait, si on excepte quelques incursions dans les environs de Luanda, le commerçant portugais a-t-il parcouru d’autres régions de la province de Mbamba, traversé la route des caravanes reliant Sao Salvador à Luanda ? Il semble que non. Excellent observateur (beaucoup de passage de la Relation en témoigne), Duarte Lopez décrit les rives du Zaïre de façon trop inexacte : on ne peut croire qu’il les ait vues. C’était avant tout un commerçant ; il n’y avait rien du navigateur ni de l’explorateur. Est-il besoin de dire, d’ailleurs, quels obstacles s’opposaient à toute exploration ? Les renseignements de Duarte Lopez a fournis sur l’intérieur du Congo, de l’Angola, sur divers régions d’Afrique centrale, il les tenait, certainement des gens qui fréquentaient sa factorerie : Mocicongo, Anzique, pombeiros et soasos.

CharlotDeGaulle
Niveau 9
21 avril 2022 à 19:31:05

Le 21 avril 2022 à 19:12:28 :

Inspire-toi. Respire !

Anthropohagie structurelle = anthropophagie qui est inscrite dans les structures sociétales, autrement dit cannibalisme pratiqué par goût, par habitude, et non pour des circonstances extraordinaires comme une famine.
Autrement dit ce n'est pas une anthropohagie conjoncturelle.

On serait curieux de savoir de quels auteurs tu tires ces définitions.

Le récit de Lopez est honnête. Il est bien reçu. Seul au XVIII° s. on a commencé à le critiquer un peu. Critique qui a duré jusqu'à la fin XIX° s. Au XX° une réhabilitiation a eu lieu jusqu'à aujourd'hui.

Il n’y a jamais eu de « réhabilitation ». Il y a des critiques, certaines justes, d’autres non, mais personne ne prend ce texte sans de bonnes pincettes. Comme c’est le cas de la vaste majorité des textes sur lequel s’appuie les historiens. Et tu le sais très bien, vu que le pavé que tu as pondu et une repompe des premières pages de l’introduction de Willy Bal, mais sans les passages où ce dernier est critique avec le texte, ça aurait été dommage sinon.

On l'a critiqué sur sa description des rives du Congo et quelques menus détails, prétendant par là qu'il n'y avait jamais été. C'est ridicule. Quiconque connait les rives d'un fleuve sait, surtout un si gros fleuve et si puissant que le Congo, qu'elle change d'aspect chaque année au fur et à mesure des crues... Ces critiques faites 200 ans après Lopez paraissent puériles et stupides

Quelques lignes plus loin :

Il n'y a aucune raison d'en douter. Il s'agit simplement de la vision d'un homme de son temps sur une région sauvage et si différente de l'Europe. Comme le récit de Marco Polo on tombe souvent sur ce qui nous semble des exagérations merveilleuses... mais, c'est qu'au récit se mêle le roman... le voyageur c'est normal veut faire voyager le lecteur. Il traduit aussi ses propres peurs et impressions. Tout ce qui peut être pris comme exagération est compréhensible. Par exemple, la description paradisaique de l'île de Ste Hélène est celle qu'en fait un navigateur qui tombe sur cette île au milieu de l'Atlantique après des semaines d'errance.... il est évident que n'importe quel île avec des arbres, des sources d'eau et de la nourriture y apparaitrait comme un coin de paradis. De même quand Lopez décrit des créatures monstrueuses dans les forêts d'Afrique, des hommes à moitié bêtes... imaginons nous à côté de Lopez si loin de chez lui, dans ce milieu complètement nouveau où les populations elles-mêmes parlent de monstres et de magie à tout va, où les guerriers se déguisent eux-mêmes en monstres etc. C'est un récit unique et merveilleux qu'il faut lire pour se faire une idée de l'Afrique d'alors.

Magnifique, en plus de ne pas comprendre les critiques qui lui sont faite, tu apportes toi-même une partie des critiques qui font que cet ouvrage doit-être pris avec des pincettes sans même t’en rendre compte.
Sinon, pour le sujet spécifique des rives du Congo, tu ne comprends, de toutes évidences, pas la critique : le problème avec sa description est qu’elle est vague et pleine d’approximations. Ce qui, chez un auteur qui est loin d’être avare en détails et a fait une description relativement juste de la côte, pointe qu’il ne l’a jamais parcouru (ou très peu), si on rajoute à ça qu’il n’avait aucune raison de la faire et qu’il ne prétend jamais l’avoir fait, la réponse s’avère évidente, citons l’introduction sur lequel tu as par ailleurs basé ton pavé :

En fait, si on excepte quelques incursions dans les environs de Luanda, le commerçant portugais a-t-il parcouru d’autres régions de la province de Mbamba, traversé la route des caravanes reliant Sao Salvador à Luanda ? Il semble que non. Excellent observateur (beaucoup de passage de la Relation en témoigne), Duarte Lopez décrit les rives du Zaïre de façon trop inexacte : on ne peut croire qu’il les ait vues. C’était avant tout un commerçant ; il n’y avait rien du navigateur ni de l’explorateur. Est-il besoin de dire, d’ailleurs, quels obstacles s’opposaient à toute exploration ? Les renseignements de Duarte Lopez a fournis sur l’intérieur du Congo, de l’Angola, sur divers régions d’Afrique centrale, il les tenait, certainement des gens qui fréquentaient sa factorerie : Mocicongo, Anzique, pombeiros et soasos.

Je t'invite à lire et relire Willy Bal et à t'en inspirer.
Je t'invite aussi à lire et relire le récit de Lopez-Pigaffeta d'un oeil libéré et neuf.
Enfin je t'invite à penser par toi-même.

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Sujet : Les cannibales
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