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Sujet : [DÉBAT] Le cinéma rongé par l'idélogie ? Samuel Fitoussi alerte - entretien dans le Média pour tous
Pouerte12
Niveau 2
18 novembre 2023 à 13:09:32

Bon j'avais pas spécialement envie d'en parler mais puisque ça fait réagir sur twitter.

L'auteur Samuel Fitoussi traite dans son livre selon lui de l'hégémonie woke dans le cinéma.

Entretien dans le Média pour tous :
https://youtu.be/RPZHDe3iXm8?si=u_6i6eRvh4nbzbzF

Le livre :
Woke fiction - Comment l idéologie change nos films et nos séries
https://www.fnac.com/a18118045/Samuel-Fitoussi-Woke-fiction

Pouerte12
Niveau 2
18 novembre 2023 à 13:16:07

Guim focus veut lui dépondre :
https://twitter.com/guim_focus/status/1725807530037707075?t=YcSZnFyLLVH7n81KrCzwTg&s=19

AG veut faire une trilogie sur la question mais je retrouve plus la source.

Syndrome_494
Niveau 27
18 novembre 2023 à 13:20:46

En voilà une position forte et originale

P6kotik
Niveau 50
18 novembre 2023 à 13:47:59

Bon j'avais pas spécialement envie d'en parler

on a du mal à te croire. c'est un peu ton sujet sur ce forum.

Moriariley
Niveau 30
18 novembre 2023 à 14:24:28

J'ai vu certaines de ses interviews, il avait quand même l'impression d'avoir des idées préconçues.

Pouerte12
Niveau 2
18 novembre 2023 à 14:38:29

Le 18 novembre 2023 à 13:47:59 :

Bon j'avais pas spécialement envie d'en parler

on a du mal à te croire. c'est un peu ton sujet sur ce forum.

Non, je parle avant tout des bons films et de l'art.

Pouerte12
Niveau 2
18 novembre 2023 à 14:42:23

Le 18 novembre 2023 à 14:24:28 :
J'ai vu certaines de ses interviews, il avait quand même l'impression d'avoir des idées préconçues.

Le type profite d'un mouvement anti-woke dans une partie de la population sans pour autant donner des faits précis ni même connaître vraiment le milieu artistique et plus particulièrement celui du cinéma.

Volvic93
Niveau 32
18 novembre 2023 à 15:14:44

Il enfonce des portes, avant y'avait le code hays, maintenant y'a le code woke. Sauf que dans le premier les réalisateurs arrivaient quand même malgré tout à créer des chefs d'œuvres, ce qui n'est plus le cas dans notre époque actuelle.

deepend
Niveau 6
18 novembre 2023 à 16:18:13

Le 18 novembre 2023 à 15:14:44 :
Il enfonce des portes, avant y'avait le code hays, maintenant y'a le code woke. Sauf que dans le premier les réalisateurs arrivaient quand même malgré tout à créer des chefs d'œuvres, ce qui n'est plus le cas dans notre époque actuelle.

Le code Hays était imposé par le gouvernement...

JohnMcCabe
Niveau 9
18 novembre 2023 à 16:19:23

Je suis tombé sur l'interview Lapierre, j'étais sûr que quelqu'un allait en faire un topic ! :rire:

Le 18 novembre 2023 à 14:42:23 :

Le 18 novembre 2023 à 14:24:28 :
J'ai vu certaines de ses interviews, il avait quand même l'impression d'avoir des idées préconçues.

Le type profite d'un mouvement anti-woke dans une partie de la population sans pour autant donner des faits précis ni même connaître vraiment le milieu artistique et plus particulièrement celui du cinéma.

+1 :ok: Ce Samuel a juste trouvé un filon d'antiwokes pour acheter son livre préfacé par Bench ou Rochedy ? :question: :hap:
Et comme d'habitude pour parler de Friends, Game of thrones, Disney... pour pas les perdre j'imagine :hap:

D'ailleurs c'est toujours drôle ceux qui disent "nos" films et "nos" series" pour parler d'Hollywood :hap:

Mention spéciale à son analyse d'Avatar qu'il n' pas vu parce qu'on lui a dit que c'etait pas bon ! :peur:

Sly-Raccoon
Niveau 54
18 novembre 2023 à 16:50:57

Concrètement, à quoi servent ce topic et ce bouquin, à part encore voir des mecs se plaindre des femmes et des minorités, le tout en citant un gars du Figaro ?

Fujitsu_san
Niveau 9
18 novembre 2023 à 17:11:50

Le 18 novembre 2023 à 16:50:57 :
Concrètement, à quoi servent ce topic et ce bouquin, à part encore voir des mecs se plaindre des femmes et des minorités, le tout en citant un gars du Figaro ?

C’est vraiment un bon filon de diviser les femmes des hommes, diviser les gens en communauté, ça permet de se plaindre de ceux à qui ça dérange les discriminations. :)

totorynque
Niveau 50
18 novembre 2023 à 21:48:39

Un long extrait du bouquin: https://decolonialisme.fr/woke-fiction-de-samuel-fitoussi-extraits-comment-combattre-limmiscion-du-wokisme-dans-les-institutions/

Je retiens ce passage très intéressant (qui démonte les arguments du type "il ne sait pas de quoi il parle" "ne donne aucun exemple précis"):

Le critique et scénariste écossais Will Jordan constate qu'un type de scénario revient de plus en plus souvent. L'histoire d'une femme - dotée dès le début du film d'un talent inouï dans un domaine - qui affronte les réticences et les préjugés de son entourage pour gagner le droit de pratiquer sa passion et d'affirmer son génie. Elle ne doit ni surmonter ses propres failles (ce qui impliquerait le besoin de s'entraîner dur, de consentir à certains sacrifices) ni vaincre des antagonistes ou des rivaux redoutables (ce qui impliquerait le besoin de cogiter, de trouver des solutions audacieuses ou de coopérer avec d'autres personnages) mais batailler contre " la société " qui l'empêche de donner la pleine mesure de son potentiel. Dans ce type de films, la protagoniste n'est souvent pas très attachante. Pourquoi ? Parce qu'elle ne connaît pas de transformation intérieure. Elle se présente telle qu'elle est (c'est-à-dire parfaite) et c'est aux autres de changer pour lui permettre de montrer au monde à quel point elle est exceptionnelle. Or l'attachement pour un personnage naît souvent de la compassion que nous éprouvons en le voyant échouer, puis de l'admiration que nous ressentons pour sa volonté d'évoluer et de grandir, pour sa capacité à affronter les obstacles avec résilience et humilité. Quand, finalement, il triomphe, nous nous réjouissons parce que nous savons que son succès est mérité. C'est cet arc narratif qui humanise certains personnages, les rend mémorables et attachants.
Dans le dessin animé Mulan, sorti en 1998, le personnage éponyme, jeune femme courageuse, se déguise en homme et s'engage dans l'armée pour défendre son pays.
Plus frêle et plus faible que toutes les autres recrues, elle est d'abord une piètre combattante, peine à gagner l'estime de ses supérieurs et frôle le renvoi des rangs militaires. Déterminée, elle progresse, compense ses lacunes physiques par une intelligence tactique supérieure, et finit par gagner le respect de tous. Dans le remake vingt-deux ans plus tard, Mulan est, dès le début du film, la meilleure guerrière de Chine. Elle ne doit plus gagner le respect des autres, ce respect lui est dû. Elle n'a plus besoin d'évoluer, ce sont tous les autres personnages qui doivent cesser de la sous-estimer. Avec cette nouvelle Mulan, les scénaristes pensent sans doute avoir créé un rôle modèle féminin; en réalité, la Mulan de 1998 était sans doute beaucoup plus inspirante: elle enseignait le pouvoir du dépassement de soi et de la persévérance. En France, le film Flo de Géraldine Danon - biopic de la célèbre navigatrice Florence Arthaud - commence par une scène dans laquelle le personnage de Florence, âgé d'une dizaine d'années, remporte facilement une course de voile contre des garçons. Au cours du film, on ne la voit presque jamais s'entraîner, repousser ses limites physiques et tactiques pour devenir l'une des meilleures navigatrices du monde. Le spectateur est sommé d'accepter que Florence Arthaud était douée d'une sorte de don divin qui ne nécessitait pas d'être entretenu et cultivé: elle pouvait passer son temps à faire la fête, il lui suffisait de monter sur un bateau pour dominer facilement ses rivaux. Dans le film, les seuls obstacles que Florence affronte sont de nature sociale: elle doit d'abord vaincre les attitudes misogynes de sa famille (son père souhaiterait qu'elle reprenne les études), puis de ses sponsors, réticents à lui offrir un bateau de qualité (ils ne la croient pas capable de vaincre des hommes). C'est aux autres - et, c'est le problème, uniquement aux autres - de se remettre en question pour permettre à Florence de remporter la Route du rhum.

En souhaitant montrer que les femmes sont tout aussi compétentes que les hommes dans des domaines traditionnellement masculins, certains scénaristes en viennent à créer des femmes sans failles, c'est-à-dire des femmes qui n'évoluent pas, donc des femmes peu inspirantes. Car ce ne sont pas les qualités intrinsèques d'un personnage qui nous inspirent (il est impossible de devenir subitement un génie dans une discipline) mais son parcours de vie (ses choix, ses sacrifices, ses progrès...). En outre, si l'héroïne est presque invulnérable, il y a peu de suspense, peu de tension dramatique, peu d'enjeu.

Dans certains blockbusters américains récents, une jeune superhéroïne connaît une transformation intérieure, mais il ne s'agit pas pour elle d'acquérir des compétences ou de corriger ses mauvais choix, mais simplement de prendre conscience de sa propre valeur et d'oser, enfin, déployer ses qualités. Dans ces scénarios, " la société " - accusée de pousser les femmes à se fixer des barrières mentales - est à nouveau le seul obstacle à la réalisation des projets du personnage. Dans Doctor Strange 2 (Marvel), le personnage joué par Benedict Cumberbatch remonte dans le temps pour discuter avec America Chavez (jeune super-héroïne lesbienne d'origine mexicaine, élevée par deux femmes) et lui donner la clé pour sauver le monde. Son conseil ? " Fais-toi confiance, fais confiance à tes pouvoirs - c'est comme ça que tu les arrêteras. " Il est possible que cette philosophie, supposée émancipatrice, soit au contraire asservissante, parce qu'elle dit aux jeunes femmes qu'elles n'ont rien à apprendre, qu'elles sont parfaites telles qu'elles sont et que leurs échecs sont toujours liés aux autres, jamais à leurs propres insuffisances.

EmileHirsch
Niveau 64
18 novembre 2023 à 22:25:06

Le 18 novembre 2023 à 21:48:39 :
Un long extrait du bouquin: https://decolonialisme.fr/woke-fiction-de-samuel-fitoussi-extraits-comment-combattre-limmiscion-du-wokisme-dans-les-institutions/

Je retiens ce passage très intéressant (qui démonte les arguments du type "il ne sait pas de quoi il parle" "ne donne aucun exemple précis"):

<spoil>>Le critique et scénariste écossais Will Jordan constate qu'un type de scénario revient de plus en plus souvent. L'histoire d'une femme - dotée dès le début du film d'un talent inouï dans un domaine - qui affronte les réticences et les préjugés de son entourage pour gagner le droit de pratiquer sa passion et d'affirmer son génie. Elle ne doit ni surmonter ses propres failles (ce qui impliquerait le besoin de s'entraîner dur, de consentir à certains sacrifices) ni vaincre des antagonistes ou des rivaux redoutables (ce qui impliquerait le besoin de cogiter, de trouver des solutions audacieuses ou de coopérer avec d'autres personnages) mais batailler contre " la société " qui l'empêche de donner la pleine mesure de son potentiel. Dans ce type de films, la protagoniste n'est souvent pas très attachante. Pourquoi ? Parce qu'elle ne connaît pas de transformation intérieure. Elle se présente telle qu'elle est (c'est-à-dire parfaite) et c'est aux autres de changer pour lui permettre de montrer au monde à quel point elle est exceptionnelle. Or l'attachement pour un personnage naît souvent de la compassion que nous éprouvons en le voyant échouer, puis de l'admiration que nous ressentons pour sa volonté d'évoluer et de grandir, pour sa capacité à affronter les obstacles avec résilience et humilité. Quand, finalement, il triomphe, nous nous réjouissons parce que nous savons que son succès est mérité. C'est cet arc narratif qui humanise certains personnages, les rend mémorables et attachants.

Dans le dessin animé Mulan, sorti en 1998, le personnage éponyme, jeune femme courageuse, se déguise en homme et s'engage dans l'armée pour défendre son pays.
Plus frêle et plus faible que toutes les autres recrues, elle est d'abord une piètre combattante, peine à gagner l'estime de ses supérieurs et frôle le renvoi des rangs militaires. Déterminée, elle progresse, compense ses lacunes physiques par une intelligence tactique supérieure, et finit par gagner le respect de tous. Dans le remake vingt-deux ans plus tard, Mulan est, dès le début du film, la meilleure guerrière de Chine. Elle ne doit plus gagner le respect des autres, ce respect lui est dû. Elle n'a plus besoin d'évoluer, ce sont tous les autres personnages qui doivent cesser de la sous-estimer. Avec cette nouvelle Mulan, les scénaristes pensent sans doute avoir créé un rôle modèle féminin; en réalité, la Mulan de 1998 était sans doute beaucoup plus inspirante: elle enseignait le pouvoir du dépassement de soi et de la persévérance. En France, le film Flo de Géraldine Danon - biopic de la célèbre navigatrice Florence Arthaud - commence par une scène dans laquelle le personnage de Florence, âgé d'une dizaine d'années, remporte facilement une course de voile contre des garçons. Au cours du film, on ne la voit presque jamais s'entraîner, repousser ses limites physiques et tactiques pour devenir l'une des meilleures navigatrices du monde. Le spectateur est sommé d'accepter que Florence Arthaud était douée d'une sorte de don divin qui ne nécessitait pas d'être entretenu et cultivé: elle pouvait passer son temps à faire la fête, il lui suffisait de monter sur un bateau pour dominer facilement ses rivaux. Dans le film, les seuls obstacles que Florence affronte sont de nature sociale: elle doit d'abord vaincre les attitudes misogynes de sa famille (son père souhaiterait qu'elle reprenne les études), puis de ses sponsors, réticents à lui offrir un bateau de qualité (ils ne la croient pas capable de vaincre des hommes). C'est aux autres - et, c'est le problème, uniquement aux autres - de se remettre en question pour permettre à Florence de remporter la Route du rhum.

En souhaitant montrer que les femmes sont tout aussi compétentes que les hommes dans des domaines traditionnellement masculins, certains scénaristes en viennent à créer des femmes sans failles, c'est-à-dire des femmes qui n'évoluent pas, donc des femmes peu inspirantes. Car ce ne sont pas les qualités intrinsèques d'un personnage qui nous inspirent (il est impossible de devenir subitement un génie dans une discipline) mais son parcours de vie (ses choix, ses sacrifices, ses progrès...). En outre, si l'héroïne est presque invulnérable, il y a peu de suspense, peu de tension dramatique, peu d'enjeu.

Dans certains blockbusters américains récents, une jeune superhéroïne connaît une transformation intérieure, mais il ne s'agit pas pour elle d'acquérir des compétences ou de corriger ses mauvais choix, mais simplement de prendre conscience de sa propre valeur et d'oser, enfin, déployer ses qualités. Dans ces scénarios, " la société " - accusée de pousser les femmes à se fixer des barrières mentales - est à nouveau le seul obstacle à la réalisation des projets du personnage. Dans Doctor Strange 2 (Marvel), le personnage joué par Benedict Cumberbatch remonte dans le temps pour discuter avec America Chavez (jeune super-héroïne lesbienne d'origine mexicaine, élevée par deux femmes) et lui donner la clé pour sauver le monde. Son conseil ? " Fais-toi confiance, fais confiance à tes pouvoirs - c'est comme ça que tu les arrêteras. " Il est possible que cette philosophie, supposée émancipatrice, soit au contraire asservissante, parce qu'elle dit aux jeunes femmes qu'elles n'ont rien à apprendre, qu'elles sont parfaites telles qu'elles sont et que leurs échecs sont toujours liés aux autres, jamais à leurs propres insuffisances.

</spoil>

Très juste cet extrait.

ArthurPym
Niveau 48
18 novembre 2023 à 22:30:01

Ça fait quasi 10 ans qu'on entend ça, depuis la sortie de Star Wars 7 et la redécouverte du concept de Mary Sue. Il invente pas l'eau chaude non plus :hap:

EmileHirsch
Niveau 64
18 novembre 2023 à 23:32:57

Non bien sur, mais il décrit bien ce que c'est.

LiquideVif
Niveau 38
18 novembre 2023 à 23:48:50

Le 18 novembre 2023 à 22:25:06 :

Le 18 novembre 2023 à 21:48:39 :
Un long extrait du bouquin: https://decolonialisme.fr/woke-fiction-de-samuel-fitoussi-extraits-comment-combattre-limmiscion-du-wokisme-dans-les-institutions/

Je retiens ce passage très intéressant (qui démonte les arguments du type "il ne sait pas de quoi il parle" "ne donne aucun exemple précis"):

<spoil>>Le critique et scénariste écossais Will Jordan constate qu'un type de scénario revient de plus en plus souvent. L'histoire d'une femme - dotée dès le début du film d'un talent inouï dans un domaine - qui affronte les réticences et les préjugés de son entourage pour gagner le droit de pratiquer sa passion et d'affirmer son génie. Elle ne doit ni surmonter ses propres failles (ce qui impliquerait le besoin de s'entraîner dur, de consentir à certains sacrifices) ni vaincre des antagonistes ou des rivaux redoutables (ce qui impliquerait le besoin de cogiter, de trouver des solutions audacieuses ou de coopérer avec d'autres personnages) mais batailler contre " la société " qui l'empêche de donner la pleine mesure de son potentiel. Dans ce type de films, la protagoniste n'est souvent pas très attachante. Pourquoi ? Parce qu'elle ne connaît pas de transformation intérieure. Elle se présente telle qu'elle est (c'est-à-dire parfaite) et c'est aux autres de changer pour lui permettre de montrer au monde à quel point elle est exceptionnelle. Or l'attachement pour un personnage naît souvent de la compassion que nous éprouvons en le voyant échouer, puis de l'admiration que nous ressentons pour sa volonté d'évoluer et de grandir, pour sa capacité à affronter les obstacles avec résilience et humilité. Quand, finalement, il triomphe, nous nous réjouissons parce que nous savons que son succès est mérité. C'est cet arc narratif qui humanise certains personnages, les rend mémorables et attachants.

Dans le dessin animé Mulan, sorti en 1998, le personnage éponyme, jeune femme courageuse, se déguise en homme et s'engage dans l'armée pour défendre son pays.
Plus frêle et plus faible que toutes les autres recrues, elle est d'abord une piètre combattante, peine à gagner l'estime de ses supérieurs et frôle le renvoi des rangs militaires. Déterminée, elle progresse, compense ses lacunes physiques par une intelligence tactique supérieure, et finit par gagner le respect de tous. Dans le remake vingt-deux ans plus tard, Mulan est, dès le début du film, la meilleure guerrière de Chine. Elle ne doit plus gagner le respect des autres, ce respect lui est dû. Elle n'a plus besoin d'évoluer, ce sont tous les autres personnages qui doivent cesser de la sous-estimer. Avec cette nouvelle Mulan, les scénaristes pensent sans doute avoir créé un rôle modèle féminin; en réalité, la Mulan de 1998 était sans doute beaucoup plus inspirante: elle enseignait le pouvoir du dépassement de soi et de la persévérance. En France, le film Flo de Géraldine Danon - biopic de la célèbre navigatrice Florence Arthaud - commence par une scène dans laquelle le personnage de Florence, âgé d'une dizaine d'années, remporte facilement une course de voile contre des garçons. Au cours du film, on ne la voit presque jamais s'entraîner, repousser ses limites physiques et tactiques pour devenir l'une des meilleures navigatrices du monde. Le spectateur est sommé d'accepter que Florence Arthaud était douée d'une sorte de don divin qui ne nécessitait pas d'être entretenu et cultivé: elle pouvait passer son temps à faire la fête, il lui suffisait de monter sur un bateau pour dominer facilement ses rivaux. Dans le film, les seuls obstacles que Florence affronte sont de nature sociale: elle doit d'abord vaincre les attitudes misogynes de sa famille (son père souhaiterait qu'elle reprenne les études), puis de ses sponsors, réticents à lui offrir un bateau de qualité (ils ne la croient pas capable de vaincre des hommes). C'est aux autres - et, c'est le problème, uniquement aux autres - de se remettre en question pour permettre à Florence de remporter la Route du rhum.

En souhaitant montrer que les femmes sont tout aussi compétentes que les hommes dans des domaines traditionnellement masculins, certains scénaristes en viennent à créer des femmes sans failles, c'est-à-dire des femmes qui n'évoluent pas, donc des femmes peu inspirantes. Car ce ne sont pas les qualités intrinsèques d'un personnage qui nous inspirent (il est impossible de devenir subitement un génie dans une discipline) mais son parcours de vie (ses choix, ses sacrifices, ses progrès...). En outre, si l'héroïne est presque invulnérable, il y a peu de suspense, peu de tension dramatique, peu d'enjeu.

Dans certains blockbusters américains récents, une jeune superhéroïne connaît une transformation intérieure, mais il ne s'agit pas pour elle d'acquérir des compétences ou de corriger ses mauvais choix, mais simplement de prendre conscience de sa propre valeur et d'oser, enfin, déployer ses qualités. Dans ces scénarios, " la société " - accusée de pousser les femmes à se fixer des barrières mentales - est à nouveau le seul obstacle à la réalisation des projets du personnage. Dans Doctor Strange 2 (Marvel), le personnage joué par Benedict Cumberbatch remonte dans le temps pour discuter avec America Chavez (jeune super-héroïne lesbienne d'origine mexicaine, élevée par deux femmes) et lui donner la clé pour sauver le monde. Son conseil ? " Fais-toi confiance, fais confiance à tes pouvoirs - c'est comme ça que tu les arrêteras. " Il est possible que cette philosophie, supposée émancipatrice, soit au contraire asservissante, parce qu'elle dit aux jeunes femmes qu'elles n'ont rien à apprendre, qu'elles sont parfaites telles qu'elles sont et que leurs échecs sont toujours liés aux autres, jamais à leurs propres insuffisances.

</spoil>

Très juste cet extrait.

En effet, c'est un bon résumé du problème que représente cette idéologie. Au delà de cette volonté de représentativité, c'est surtout un gros défaut de qualité d'écriture qui se fait ressentir dans la plupart des films et séries qui choisissent cette voie. Les films et séries Marvel post endgame en sont des cas d'école d'ailleurs

padopad
Niveau 63
19 novembre 2023 à 00:01:51

Le 18 novembre 2023 à 16:50:57 :
Concrètement, à quoi servent ce topic et ce bouquin, à part encore voir des mecs se plaindre des femmes et des minorités, le tout en citant un gars du Figaro ?

qui s'est plaint en premier, rappelle moi ? :)

padopad
Niveau 63
19 novembre 2023 à 00:03:15

Le 18 novembre 2023 à 17:11:50 :

Le 18 novembre 2023 à 16:50:57 :
Concrètement, à quoi servent ce topic et ce bouquin, à part encore voir des mecs se plaindre des femmes et des minorités, le tout en citant un gars du Figaro ?

C’est vraiment un bon filon de diviser les femmes des hommes, diviser les gens en communauté, ça permet de se plaindre de ceux à qui ça dérange les discriminations. :)

l'adage c'est diviser pour mieux régner. :noel:

padopad
Niveau 63
19 novembre 2023 à 00:05:27

Le 18 novembre 2023 à 16:19:23 :
Je suis tombé sur l'interview Lapierre, j'étais sûr que quelqu'un allait en faire un topic ! :rire:

Le 18 novembre 2023 à 14:42:23 :

Le 18 novembre 2023 à 14:24:28 :
J'ai vu certaines de ses interviews, il avait quand même l'impression d'avoir des idées préconçues.

Le type profite d'un mouvement anti-woke dans une partie de la population sans pour autant donner des faits précis ni même connaître vraiment le milieu artistique et plus particulièrement celui du cinéma.

+1 :ok: Ce Samuel a juste trouvé un filon d'antiwokes pour acheter son livre préfacé par Bench ou Rochedy ? :question: :hap:

ça reste un bon filon. les oeuvres dites wokes n'ont aucun talent come elles sont là pour représenter la diversité. :)

Sujet : [DÉBAT] Le cinéma rongé par l'idélogie ? Samuel Fitoussi alerte - entretien dans le Média pour tous
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